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01 juillet 2012

Réincarnation? du sérieux ou du "bidon"?

Une question reçue:

"utopie de la réincarnation?

Je voudrais qu'en bon philosphe quelq'un me disent si réellement l'âme qui appartient à une personne humaine peut aller dans un autre corps lors du décès de cette personne? N'est-ce pas aller contre le principe de l'unicité de la personne humaine? Aussi, l'âme est-elle communicable de l'un à l'autre? Et enfin, la personne humaine est-elle un sujet unique et irremplacable devant le Créateur? (Avec son corps et son âme qui sont d'une valeur égale devant Lui),
Merci de bien éclaircir en termes clairs..."

 

Notre réponse:

Cher Monsieur,
les philosophes se font rares au temps des examens, concours et proches grandes vacances

Le chrétien ne croit pas à la réincarnation, car la théorie de la réincarnation s'oppose à la foi en la résurrection.

Ce qui est UNIQUE ne peut être divisé, partagé, réutilisé.

Pour faire "clair" et le plus "bref" possible, je pense que vous lirez avec profit ceci qui suit:

1) "Dès le Premier concile de Constantinople en 380-381, qui a donné le résumé dogmatique des conciles précédents, le credo chrétien est défini. C'est le symbole de Nicée-Constantinople, qui se conclut par : "nous attendons la résurrection des morts et la vie du monde à venir".

La croyance en la réincarnation s'oppose, en effet, au dogme de la "résurrection des morts" à la fin des temps et à l'incarnation du Verbe divin en Jésus-Christ pour sauver le monde visible et invisible par une seule et unique incarnation. Dans l'Apocalypse, les âmes des saints gémissent sous l'autel de Dieu attendant que leur corps leur soit rendu. Car pour le christianisme, aussi bien l'âme que le corps sont uniques, et constituent la personne à part entière. Il y a une unité profonde des êtres vivants, qui fait que l'âme et le corps sont indissociables - argument que l'on retrouve également chez Aristote.

C'est la singularité de l'incarnation (une âme dans un corps) qui exclut la réincarnation dans le christianisme. Là est finalement le véritable divorce entre la réincarnation et la foi chrétienne "dogmatique" : alors que dans la réincarnation, le corps n'est qu'un "véhicule" ou un "vêtement" dont l'âme change à chaque nouvelle incarnation, dans le christianisme la chair est appelée elle aussi à ressusciter.

Au cours de son pontificat, le pape Jean-Paul II a réitéré l'hostilité de l'Église à la doctrine de la réincarnation.

Dans la Bible :

Certains groupes "spiritualistes" font référence à des passages des Evangiles qui, selon eux, indiqueraient une croyance du christianisme originel dans la réincarnation. Cependant, une interprétation alternative "non réincarnationniste" peut souvent être donnée desdits passages.

Ils citent, par exemple, ce passage où les prêtres et les Lévites demandent à Jean-Baptiste «Es-tu Élie?». Il existe en effet un courant de la tradition juive qui pense que le jugement dernier sera précédé par un retour sur terre du prophète Élie (1). Jean-Baptiste répond : «Je ne le suis pas» (Jean 1:21), mais la simple existence de la question est considérée par certains comme un signe de la croyance en la réincarnation.

La confusion ici est entre réincarnation et assomption. Outre la Vierge Marie, plusieurs personnages, historiques ou mythiques, ont connu l'assomption, donc, n'ont pas connu la mort : Adam, Enoch, Moïse, Élie. Ainsi, rien dans la Bible ne permet de dire que le prophète Elie est effectivement mort. Le texte évoque un "enlèvement" au ciel sur un char de feu (2 Rois 2:11). Les prêtres et les Levites parlaient (peut-être) d'un retour d'Elie mais en tant qu'entité vivante et n'ayant jamais connu la mort.

Par ailleurs, 2Rois 2:15 (2) et Luc 1:17(3) permettent de préciser cette question : il est possible que Jean-Baptiste soit accompagné par "l'esprit et la puissance" d'Élie, sans que cela signifie pour autant qu'il en soit la réincarnation (cf plus haut notion d'engendrement spirituel).

Sur le même sujet, dans la péricope de la Transfiguration, on peut lire : « Et les disciples lui posèrent cette question : "Que disent donc les scribes, qu'Élie doit venir d'abord ?" Il répondit : "Oui, Élie doit venir et tout remettre en ordre ; or, je vous le dis, Élie est déjà venu, et ils ne l'ont pas reconnu, mais l'ont traité à leur guise. De même le Fils de l'homme aura lui aussi à souffrir d'eux". Alors les disciples comprirent que ses paroles visaient Jean le Baptiste. » (Matthieu 17:12,13)

Certains en ont là encore conclu que Jean-Baptiste était la réincarnation d’Élie. Mais la littérature juive antique refuse l’idée de réincarnation. Il faut donc plus probablement comprendre que Jean-Baptiste est un autre Élie : ce qu’Élie était pour son temps, Jean-Baptiste l’est pour le sien (et ce d'autant plus, comme nous l'avons vu plus haut, que l'esprit d'Élie a pu inspirer Jean-Baptiste).


Il y a également cette question ambigüe que posèrent les disciples, dans l'Evangile de Jean (9:2) à Jésus-Christ, à propos d'un aveugle de naissance : "Rabbi, qui a péché ? Cet homme ou ses parents, pour qu'il soit ainsi né aveugle ?" Ce qui pourrait être interprété comme suggérant l'existence d'une autre vie (et donc de péchés) avant celle-ci. En fait, il s'agit ici vraisemblablement d'une question rhétorique. En effet, dans la tradition biblique, il est coutume de croire qu'une maladie peut être une malédiction provenant d'un péché commis par soi-même ou un membre de sa famille.

Inversement, dans l'Epître aux Hébreux, attribué à Saint Paul, il est écrit : « Comme il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement, de même Christ, qui s'est offert pour porter les fautes de plusieurs, apparaîtra sans pécher une seconde fois à ceux qui l'attendent pour leur salut. » (Hébreux 9:27-28) Il s'agit d'un démenti clair de la notion de réincarnation. Cependant, les tenants de la thèse "réincarnationniste" font valoir que le mot grec hapax, traduit par "une seule fois", peut également signifier "entièrement". Par ailleurs, il mettent en doute l'attribution de l'Epître aux Hébreux à Paul, arguant que celui-ci, dans son Épître aux Galates (2:7-8), sa Deuxième épître aux Corinthiens (10:13-16) et surtout dans son Épître aux Romains (15:20) s'était toujours défendu de vouloir évangéliser les Juifs.

Au final, il apparaît donc que le dogme des Eglises chrétiennes est bien celui de la résurrection de la chair. Cependant, il reste possible pour des groupes hétérodoxes, d'inspiration chrétienne ou non, de voir dans certaines passages de la Bible, et en particulier du Nouveau Testament, des allusions plus ou moins métaphoriques à la réincarnation, au prix d'une liberté d'interprétation des textes.

L'engendrement spirituel :

Sans croire à la réincarnation, les Chrétiens d'Orient sont attachés à la notion d’engendrement spirituel. Selon cette croyance, quelqu’un peut, à un moment de sa vie, intégrer en lui les qualités spirituelles d’une autre personne (généralement un saint), que cette dernière soit vivante ou morte.


Références :

(1)Voici, je vous enverrai Élie, le prophète, avant que le jour de l'Éternel arrive." - Malachie (IV:5)

(2)"Les frères prophètes le virent à distance et dirent : 'l'esprit d'Élie s'est reposé sur Élisée!' ; ils vinrent à sa rencontre et se prosternèrent à terre devant lui." - 2Rois 2:15

(3)(A propos de Jean) "Il marchera devant lui avec l'esprit et la puissance d'Élie, pour ramener le cœur des pères vers les enfants et les rebelles à la prudence des justes, préparant au Seigneur un peuple bien disposé." - Luc 1:17"


source: http://www.besoindesavoir.com/article/79759/reincarnation-dans-christianisme


2) "Le christianisme et la réincarnation

Christianisme et réincarnation sont incompatibles. La croyance en la réincarnation s'oppose, en effet, au dogme de la résurrection des morts.

La foi en la vie éternelle et en la résurrection est liée à la foi en un Dieu d'amour qui n'attend pas de l'homme qu'il atteigne la perfection par ses propres forces à travers des existences successives. Par un don gratuit le Christ nous fera partager sa propre vie au delà de la mort. La résurrection, c'est le don de Dieu qui nous fait passer les portes de la mort, avec son fils Jésus Christ, Selon l'enseignement de Saint-Paul:«Comme les hommes ne meurent qu'une seule fois après quoi vient le jugement, ainsi le Christ, après s'être offert une seule fois pour enlever les péchés d'un grand nombre, apparaîtra une seconde fois à ceux qui l'attendent pour leur donner le salut » (Hébreux 9, 27).

La réincarnation et la résurrection constituent deux réponses différentes à l’énigme de la mort. Mais les chrétiens qui veulent mêler ces deux réponses, christianisme et réincarnation, juxtaposent des notions proprement inconciliables. L'Église et la réincarnation
La doctrine de l'Église et la réincarnation sont incompatible. Le Magistère de l'église n'a jamais enseigné la doctrine de la réincarnation. Quand l'Église a rencontré la réincarnation, elle l'a toujours rejetée. Ainsi quand Origène a enseigné non pas vraiment la réincarnation, mais la préexistence des âmes dans le sein de Dieu, il a été condamné comme hérétique.

Résurrection ou réincarnation

La réincarnation est-elle conciliable avec la doctrine chrétienne ? L'Église et la réincarnation


Résurrection ou réincarnation ?
La réincarnation

C'est la croyance en des existences corporelles et terrestres successives. L'idée de réincarnation recouvre deux requêtes fondamentales de l'homme : d'une part le désir de purification du mal, et d'autre part le désir d'éternité.

Les traditions, croyances, philosophies et pratiques orientales comme l'hindouisme, le bouddhisme, le zen ou le yoga, mettent plutôt l'accent sur la nécessité de se purifier du mal et de se détacher de ce qui est matériel, sensuel, affectif, identitaire même : l'idéal est de se perdre ou de s'identifier avec le grand Tout, en ne pensant plus rien. Le Nouvel Âge et la plupart des nouvelles religiosités mettent plutôt l'accent sur le Moi qui contient une parcelle de divin et qui va recommencer différentes existences. Ainsi, je peux continuer à être, j'ai un futur au-delà de la mort. Et, dans un passé imaginaire, je peux avoir été une reine ou un héros.

La résurrection

C'est le don d'une vie éternelle d'amour dans la compagnie de Dieu, le " Ciel ", après la mort. On accède à cette résurrection en accueillant volontairement l'amour de Dieu qui nous pardonne, nous purifie pour nous permettre d'aimer parfaitement. Dans cet amour parfait, le bonheur n'a pas de fin.

Le désir de purification

"Je fais le mal que je ne voudrais pas, et je ne fais pas le bien que je voudrais. " Telle est la constatation que chacun fait ou peut faire. Saint Paul, l'un des premiers disciples du Christ, a bien caractérisé cette perception éthique fondamentale.

Comment répondre à ce désir du bien, de l'innocence ?
Celui qui fait le mal, qui participe tant soit peu au mal, peut-il se dire " innocent de tout mal " ? Et s'il y a du mal dans le monde, si je ne suis pas " innocent de tout mal ", serais-je donc responsable du mal dans le monde ?

" Réincarnationistes "

Les cycles de réincarnations successives me permettent, selon les doctrines orientales, de me purifier progressivement du mal. Dans chaque existence réincarnée, par mes efforts, je peux devenir moins mauvais, plus innocent du mal ; ainsi je me réincarnerai à un degré supérieur.

Christianisme

La purification du mal, pour les chrétiens, ne repose pas sur une suite d'existences plus ou moins longue. C'est un don de Dieu qui nous recrée bons en nous pardonnant. Dieu, qui est amour et bonté, me donne gratuitement. C'est ce qu'on appelle " la grâce " de devenir bon et innocent. Dieu, innocent de tout mal, nous fait participer à son innocence.

Le désir d'éternité

Oui, nous répugnons à l'idée de la mort, nous refusons de ne " plus être " un jour. La Fontaine montre, dans la fable La mort et le bûcheron, cette attitude fondamentale de l'homme. Avoir peur de la mort, c'est normal ; nous ne sommes pas faits pour la mort (voir question 6). Mais plus que la peur de la mort, c'est le désir, le sentiment d' " être " pour quelqu'un, d'être aimé pour toujours qui nous fait chercher une échappatoire à la mort, au néant.

C'est à ce désir fondamental, constitutif même de l'homme, et donc légitime que répondent à leur façon " réincarnation " et " résurrection ".

" Réincarnationistes "

La réincarnation, c'est l'idée que nous revivrons dans d'autres temps et dans d'autres corps. En payant, le cas échéant, pour nos fautes passées, nous nous réincarnerons, alors, dans un homme de rang social inférieur. Certaines doctrines envisagent une réincarnation en un animal.
Cette idée est très à la mode, et ceux qui y croient ne se soucient ni de vraisemblance ni de véracité. La seule démonstration repose sur l'idée très " Nouvel Âge " que je suis, que nous sommes chacun, une parcelle de divin, donc immortels. Le monde lui-même est divin. Dieu, c'est le monde tout entier, avec nous, et rien que le monde. C'est le " Panthéisme " (Pan : tout ; theos : Dieu).

Christianisme

Les chrétiens, en accord avec bien des philosophes sur ce point, ne pensent pas que le monde soit Dieu. Ils ne croient pas que nous, mortels, puissions nous donner à nous-mêmes, une vie après la mort. Ils croient que Dieu est " extérieur au monde ", soumis ni au temps, ni à l'espace. Il ne commence pas, il ne finit pas, il est éternellement présent et vivant.

C'est lui qui, par amour, a créé l'homme et lui qui, par amour, l'appelle au-delà de la mort, à être, avec lui, dans un bonheur sans fin : la vie éternelle. Celle-ci n'est pas une succession de réincarnations et n'est pas dans le monde du temps et de l'espace. La résurrection, c'est le don de Dieu qui nous fait passer les portes de la mort, avec son fils Jésus Christ, parce qu'il nous aime.

Texte tiré de : http://en-vrac.vraiforum.com

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un livre:


LA RÉINCARNATION (André Couture)
L'Horizon du Croyant
Publié sous la responsabilité de Novalis
Université Saint-Paul, Ottawa

On s'est peut-être trop habitué à entendre parler de la réincarnation. Le choc initial a parfois laissé place à l'indifférence: qu'ils croient ce qu'ils veulent... Et pourtant certains se demandent encore pourquoi tant de gens de leur entourage ont accepté si facilement cette croyance. C'est à eux que s'adresse cet essai, ainsi qu'à tous ceux qui voudraient revoir cette question d'un peu plus loin. En le lisant, il faudra garder à l'esprit qu'il n'est pas l'oeuvre d'un théologien, mais d'un historien des religions. Son but est d'abord d'exposer les diverses facettes d'une croyance complexe et changeante. L'auteur y présente les traits les plus caractéristiques de la croyance actuelle. Il précise le sens des naissances successives dans les religions orientales et souligne l'influence bien plus marquée chez nous des enseignements de l'ésotérisme occidental. Il examine la valeur inégale des arguments invoqués en faveur de cette croyance. Il explique les motifs pour lesquels le christianisme s'y est toujours opposé, mais en même temps cherche à comprendre les raisons qui amènent certains chrétiens à la défendre. Enfin, il étudie ce que devient la réincarnation quand elle est reprise par les adeptes du Nouvel Age.

*André Couture est membre de la société des Missionnaires du Sacré-Coeur. Il s'intéresse depuis une vingtaine d'années à l'histoire des religions, en particulier à celles de l'Inde, et est maintenant professeur à la Faculté de théologie de l'Université Laval. Il a déjà publié en collaboration avec Marcelle Saindon "La Réincarnation: théorie, science ou croyance?" (Éditions Paulines, 1990). "


source : http://www.approches.org/forum/viewtopic.php?t=275

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