LE GRAND PARDON
Yom Kippour
(Jour du pardon)
10 Tichri, 13 octobre 2005
(commence le 9 Tichri au soir).
Le but de tout ce que l'on fait a Yom Kippour (jeune, prieres et autres) est d'obtenir l'atonement, la decision Divine de suspendre le jugement pour nos mauvaises actions. Et pour cela, il faut eprouver une sincere repentance, c'est a dire identifier ces actions, les avouer et regretter ce que l'on a fait. Il est evident qu'un profond desir de ne pas retomber dans ces memes erreurs doit accompagner toute repentance.
La perception erronnee que Kippour ou Yom Kippour doit etre considere comme un jour de grande tristesse tient probablement au fait que c'est un jour de long jeune (25 heures). Mais le but de cette celebration n'est pas tant la mortification ou punition apportee par l'absence de nourriture, mais surtout d'aider a une reconciliation entre tous les hommes d'une part et d'autre part entre les individus et leur createur. D'ailleurs le Talmud parle de Yom Kippour comme un des jours les plus joyeux de l'annee pour le peuple Juif (Mishna Yoma 8:9).
La plupart de nos coreligionnaires pense faussement qu'il suffit simplement de passer la journee a la synagogue a prier avec passion pour etre pardonne par D. de tous nos peches. Mais la verite est que les seuls peches pardonnes a Kippour sont les offenses commises envers D. Les offenses commises contre d'autres personnes doivent, elles, etre rectifiees individuellement. C'est pourquoi nos sages nous encouragent a demarrer le procede de repentance bien avant Yom Kippour et a essayer de rectifier les torts que nous avons tous commis envers d'autres personnes (faites un tour sur la page de Lashon Ha Ra). Aussi n'hesitez pas a contacter la multitude de ceux envers qui vous avez peche tout au long de cette annee et demandez leur SINCEREMENT de vous pardonner. Montrez vraiment que vous regrettez ce que vous avez fait et que vous ne le referrez jamais. Et d'ailleurs toute victime que l'on approche ne peut trop longtemps refuser le pardon demande(si la premiere requete echoue, deux autres requetes doivent etre faites).
Yom Kippour est le seul jeune mandate par la Thora (Leviticus 23:27). Le jeune dure 25 heures et il est egalement interdit de boire quoi que ce soit, d'avoir des relations sexuelles ou de porter des chaussures en cuir. C'est pour cela que le jour de Kippour, vous verrez plusieurs Juifs vetus de magnifiques costumes et robes et portant des paires de chaussures de sport en toile.
Les jeunes de moins de 9 ans ainsi que les personnes malades, les femmes qui viennent d'accoucher dans les derniers 3 jours ne sont pas tenus d'observer le jeune.
Le repas de la veille doit etre leger et les Tunisiens ont choisi depuis toujours de manger un couscous au poulet leger avec juste un petit peu de mahchi tal arch (boulettes de la mariee a peine frites et tres faciles a digerer). Il est recommende de ne pas manger sale ou epice ce soir la de facon a ne pas etre assoiffe. Egalement buvez beaucoup d'eau toute la journee avant le debut du jeune. Le jeune se termine en general par un the/cafe-boulou-citronnade avec eventuellement de la fleur d'oranger pour soutenir le coeur.
YOM KIPPOUR
Littéralement Jour de l'expiation.
Ce jour, le plus solennel du calendrier hébraïque, est fixé au 10 Tichri, aboutissement des 10 jours de repentir (Téshouva) qui commencent à Rosh ha Shana.
La veille de YOM KIPPOUR, " EREV YOM KIPPOUR " :
A l'issue de la téphila du matin (shaharith : on procède à l'annulation des voeux(hatarath nédarim) puis au rituel des Kaparoth ( ce rite représente le transfert symbolique de la culpabilité d'une personne à un animal qui est sacrifié, aujourd'hui remplacé par de l'argent à un pauvre)
En signe de purification, il est coutume de s'immerger dans un miqvé (bain rituel). A la maison, on consomme une séouda mafséqéth (repas d'interruption). A adlaqath néroth, les femmes et les jeunes filles allument les bougies de la fête. Avant d'aller à la synagogue, les parents bénissent leurs enfants.
A/ Cinq services (offices) ponctuent Yom Kippour :
On commence par KOL NIDRE dans le 1er office (arvith leïl kippour). Le lendemain matin (Yom Kippour) : 2ème office (shaharith lé yom kippour suivi de l'office supplémentaire (moussaf, 3ème office ) puis de l'office de l'après-midi ( minha, 4ème office) c'est pendant minha à l'issue de la qériath tora (lecture de la tora) qu'on lit le très beau livre de JONAS (YONA pendant la haphtara) : le message de jonas convient parfaitement à cette journée unique de première importance car son histoire illustre à la perfection le message d'un repentir dont le sens profond n'est connu que de D.ieu seul ; Yom Kippour s'achève sur la Néila (5ème et dernier office dit de clôture) avec la birkath cohanim puis la sonnerie du shofar.
Après arvith lé motsaé kippour, on récite la prière de la havdala (séparation).
B / Cinq interdictions sont respectées pendant Yom Kippour :
-1/ il est interdit de manger et de boire
-2/ il est interdit de se laver
-3/ il est interdit de s'oindre (se frictionner) le corps
-4/ il est interdit de porter des chaussures en cuir
-5/ il est interdit d'avoir des relations intimes
Yom Kippour est appelé YOM RAHAMIM BEDYN (jour de miséricorde de plein droit)
Egalement YOM HA KIPPOURIM
Ou bien SHABBATH SHABBATHONE
En judéo arabe :NARKEBOUR !
" GUEMAR HATIMA TOVA "
Hubert Journo et Jean Paul Sebag
Quelques traditions tunisiennes de Yom Kippour |
Tout Tune porte en lui les traces des trois cultures (celle de son peuple, celle de son pays et celle du pays de Jules Ferry) qui l’ont imprégné avant son exode vers le refuge qu’il a choisi. Etant né au Sud de la Tunisie, j’arrivai à Tunis à l’age de 11 ans. Ma branche Judaïque fut donc enrichie d’un deuxième fruit, qui avait un goût différent mais qui s’accordait bien avec l’ancien. Ainsi mes souvenirs de Yom Kippour se composent de ceux de mon enfance à Gabès et de ceux de mon adolescence vécue dans la capitale.
La fête de Yom Kippour, au Sud, commençait deux jours auparavant quand mon père apportait les volailles à la maison. Tout était bien compté, un coq pour chaque male de la famille et des poules pour les femmes. Le jour de la veille, on nous réveillait très tôt le matin pour la cérémonie des Caparott. Le Shoh’ett passait de maison en maison et immolait les pauvres bêtes, après les avoir tournées autour de nos têtes en priant que ce sacrifice soit la Cappara (absolution) de nos péchés. Nos mamans ne disaient-elles pas à leurs petits chéris : « Nemshi cabbara a’lik ». Dans les pays arabes, même les Juifs (avant l’arrivée des études de la langue Hebraique à l’Européenne) prononçaient la lettre P comme la lettre B. Des fois elles ajoutaient le deuxième dicton d’amour-sacrifice « Arrani n’dour a’lik » (que je tourne autour de toi, en sous-entendant le poulet tournoyé par le Shoh’et.)
On aidait à déplumer les poulets en faisant très attention de ne pas déchirer la peau, surtout de ceux qui étaient destinés à être farcis.
Quand j’ai atteint l’age avancé de 8 ou 9 ans mon père me prenait, avec lui vers midi, à la synagogue. Il devait recevoir ‘les Malkott’, une sorte de bastonnade symbolique, encore une action expiatoire. C’était humiliant pour moi, de voir qu’on ‘liait’ les bras de mon héros à une échelle, qu’on lui découvrait et mouillait le dos et qu’on lui ‘infligeait’ ces coups, avec un drôle d’instrument, même si ce n’était pas ‘pour de vrai’.
A la maison, la maman avait fini de préparer le Majmou’, ce petit pain cuit avec un œuf qui lui était attaché par des barreaux de pâtes. Elle en faisait un pour chaque enfant qui n’était pas sensé jeûner. Cette combinaison d’œuf dur et de pain nous servait de provision pour toute la journée, qu’on devait passer à la synagogue (il n’y avait personne à la maison.) :
Ma mère a continué à les faire pour mes enfants et je les fais pour mes petits enfants.
La tradition voulait qu’on allume, à la synagogue, un Kandil (lampe à huile) qui puisse tenir plus de 24 heures, un pour chaque male. Mon père y avait sa place sur un des bancs ‘périphériques’, ce qui a facilité l’installation de nos 3 Kandils (2 garçons) sur une étagère. Une demi-heure avant le grand repas qui précède le jeûne mon père prenait ces kandils ainsi qu’un petit tapis et un coussin qui lui servait d’accoudoir et nous les portions à la synagogue, où nous retournions après le repas, pour la prière du Kol Nidréi.
Le lendemain, la prière continuait sans arrêt jusqu’au Schofar qui annonce la fin du jeûne.
Pour nous, les moins de 10-12 ans, quand nous avions assez de suivre la prière des grands, nous allions voir nos mamans ou bien jouer dehors et grignoter notre Majmou’.
La partie la plus impressionnante de cette journée était, je crois pour beaucoup d’autres aussi, la bénédiction des Cohens de l’après midi et la Nei’la, qui annonçait par sa belle mélodie l’approche de la fin du jeûne. Les femmes qui étaient parties tout de suite après le Schofar commençaient à préparer le Boulou, la limonade (et l’orgeat), la confiture de coings et à chauffer le poulet farci dans son Broudou ainsi que le H’lalem.
Quand nous quittâmes le Sud pour la capitale, j’ai du m’adapter à quelques nouvelles coutumes. Malheureusement mon père a succombé à sa maladie, et j’ai pris la relève en tant que chef de famille surtout pour le coté religieux et traditionnel. On me répéta sans cesse ce beau dicton Tune « Elly khala khlifa ma matt » (celui qui a laissé un remplaçant n’est pas mort). Guidé par ma mère, je dus alors apprendre, plus d’un an avant la Bar-Mitsva, à diriger toutes les cérémonies. Cette femme qui n’avait pas fait d’études, était une encyclopédie des traditions juives ; elle connaissait tout par cœur et exigeait que cela soit exécuté jusqu’au plus petit détail.
Tunis m’avait apporté de nouveaux amis et de nouvelles coutumes qui, sans rien soustraire aux anciennes, étaient venues s’y ajouter. Ainsi j’ai appris à préparer le coing avec la poudre de clous de girofles pour le jour de Kippour. Les copains se vantaient : qui avait le coing le plus lisse et à qui le plus beau ‘brun’. L’odeur du girofle aidait, disait-on, à surmonter les effets du jeûne.
Apres le dîner de la fin du jeûne, tout le monde se souhaitait les meilleurs vœux “Cmarra A’m Akher”. Les jeunes, garçons et filles, se retrouvaient tous autour des ‘Immeubles’ de la Hafsia pour s’embrasser. Malgré nos relations très affectueuses, les embrassades entre jeunes n’étaient autorisées que ce soir là. Ces tournées se terminaient très tard dans la nuit, on cherche les vieilles connaissances et on en fait des nouvelles, tout en pensant un peu à se faire pardonner par tous ceux que l’on a connus.
Si durant cette journée la rue Sidi Bou Hadid était déserte, elle s’éclairait soudain à la sortie de Kippour et se remplissait de vendeurs locaux qui étalaient déjà les Jrids, (les grandes palmes) pour la construction de la Souccah.
Roch Hachana - Yom Kippour
Roch Hachana est passe; cela signifie que le jugement est deja tombe, un jugement positif, pour chacun d'entre nous.
Mais tout n'est pas fini pour autant. Si un aspect du jugement peut etre ameliore, c'est maintenant, pendant les dix jours de techouva, c'est a dire jusqu'a Yom Kippour.
Comme nous le disons, la tefila (priere), la techouva (retour a D-ieu), et la tsedaka (dons aux pauvres et aux oeuvres de Torah), ont le pouvoir d'adoucir les decrets divins.
Essayons de nous arreter un peu sur ce concept de jugement.
Lors de ce jugement, tranche a Roch Hachana et signe a Yom Kippour, il est decide ce a quoi chacun aura droit au cours de l'annee a venir, en termes de naissances, sante, et opulence materielle.
Et pourtant, au cours de cette meme annee, nous demandons chaque jour a D-ieu dans nos prieres de nous accorder la sante ou l'opulence.
Quel en est l'interet si tout a deja ete fixe depuis le debut de l'annee ?
En realite, ce qui est fixe a Roch Hachana et Yom Kippour l'est dans les spheres spirituelles. Pour etre precis, tout ceci est accorde dans l'attribut de Hessed (bonte) du monde d'Atsilout (emanation).
Le monde d'Atsilout est le monde spirituel qui derive directement de D-ieu, dans lequel tout releve encore du Divin.
Afin de se traduire concretement en benedictions materielles, ces benedictions spirituelles doivent descendre de niveau en niveau, a travers les mondes de Bria (creation) et de Yetsira (formation), jusqu'a s'habiller dans le monde de Assia (action), qui est le seul monde a posseder un vecteur materiel.
C'est donc de lui que releve le monde materiel, celui que nous connaissons.
Chaque descente de la benediction d'un niveau a un autre necessite un jugement. Celui-ci a lieu chaque jour, et c'est la raison pour laquelle il est necessaire de prier D-ieu chaque jour pour ses besoins. La benediction spirituelle, si elle ne descend pas, apportera a son beneficiaire un plaisir spirituel accru, mais ne se traduira pas en benediction materielle.
C'est egalement ce jugement quotidien qui definit les modalites d'application de la benediction, si elle va se traduire en sante, en naissance, ou en opulence materielle.
C'est aspect est particulierement important si la benediction accordee lors du jugement de Roch Hachana est insuffisante pour combler chacun des trois domaines. Un arbitrage doit alors s'operer.
La benediction d'un tsadik peut influencer cet arbitrage, et donc agir sur la repartition de la benediction, comme ceci a deja ete observe.
Pour autant, le jugement tranche a Roch Hachana et a Yom Kippour precise deja tous les details des evenements concernes, mais dans un etat theorique uniquement. La benediction accordee reste par contre accessible a des obstacles potentiels lies a sa descente. C'est pourquoi ses modalites d'application ont besoin d'etre redefinies lors de chaque jugement quotidien.
Le birkat cohanim (benediction des cohanim, a la synagogue), a la particularite de transcender cette descente graduelle, de niveau en niveau, car elle provient d'une source qui transcende cet enchainement de mondes, au dela du monde de Atsilout, appelee Keter (couronne).
Elle permet donc de s'affranchir de tous les obstacles lies a la descente, et d'accorder a la benediction spirituelle une prise d'effet immediate dans notre monde materiel.
Ceci necessite par contre que le "receptacle" mis en oeuvre dans notre monde materiel pour recevoir cette benediction soit capable de contenir et supporter un tel devoilement.
C'est ainsi que cette benediction se conclue par les mots "qu'il te donne la paix".
Car le receptacle capable de supporter une telle intensite de benediction, c'est la paix, caracterisee par l'union des contraires, des forces opposees.
Ainsi, nos sages soulignent que "D-ieu n'a pas trouve d'autre receptacle contenant la benediction pour Israel que la paix".
La paix veritable, obtenue lorsque l'ennemi deviendra lui-meme un allie, sera effective lors du devoilement de Machia'h, tres prochainement.
Alors la paix sera parfaite et la benediction abondante, au dela de toutes les limites.
Gma'h 'hatima tova,
Chlomo
| Un communiqué avisait toute la population que le Grand-Prëtre se préparait à rejoindre ses appartements au Temple | |
A l'époque du Temple, le jour de Kippour était précédé et suivi de cérémonies marquant l'importance du rôle du Grand-Prêtre.
Sept jours avant Yom Kippour on préparait, au domicile du Grand-Prêtre, la salle de séance où allait siéger le roi, le Grand-Prêtre, son remplaçant éventuel et les 70 membres du Sénat.
Pendant la séance, le doyen des prêtres, s'adressant au Grand-Prêtre, lui expliquait la grandeur de sa mission, lui faisait comprendre que toute la nation avait en ce jour les yeux fixés sur lui et attendait qu'il obtienne pour elle le pardon du Seigneur. Il l'exhortait ensuite à faire son propre examen de conscience, à se repentir avant de se présenter devant l'Éternel.
Le Grand-prêtre, répondant à cette exhortation, faisait connaître à son doyen qu'il avait procédé à un repentir sincère et qu'il avait conjuré les prêtres qui allaient officier en ce saint jour, à ses cotés de faire pénitence également.
Le roi à son tour, prenait la parole pour assurer le Grand-Prêtre de toute sa gratitude et de toute sa vénération, au cas où toute la cérémonie de Yom Kippour se passerait sans incident.
Et, à la fin de cette séance, un communiqué avisait toute la population que le Grand-Prêtre se préparait à rejoindre ses appartements au Temple.
Alors, de tous côtés, la foule accourait et une longue procession se déroulait dans l'ordre suivant :
- En tête venaient les membres de la famille royale suivis des descendants de la maison de David. Un héraut les précédait et exhortait la foule à acclamer le roi.
- 36.000 lévites suivaient, précédés également d'un héraut qui clamait : " Respect et vénération à la tribu de Lévi! ". Les chefs des lévites étaient habillés de vêtements de soie bleue et les prêtres d'habits de soie blanche.
- Puis venaient les chanteurs, les joueurs de harpes, de trompettes, tous les artisans et artistes employés aux travaux du Temple, suivis des 70 membres composant le Sénat, et de 100 huissiers..
- Ensuite seulement défilait le Grand prêtre qu'accompagnaient deux par deux les plus anciens parmi les prêtres, tandis que les chefs d'école formaient la haie aux différents carrefours et l'accueillaient par des vivats et des souhaits.
Quand le cortège arrivait à l'entrée du Temple, on adressait à l'Éternel une prière pour la prospérité de la maison de David, des prêtres et du Temple. La foule répondait par un "Amen" retentissant, avant de se retirer émue pendant que le Grand-Prêtre, accompagné du doyen, rejoignait ses appartements où il restait isolé de tous ses collègues.
| Les fidèles ne voulaient rentrer chez eux avant d'avoir baisé la main du prélat qui avait obtenu l'absolution. | |
Et le jour de Kippour, après une longue et minutieuse retraite et une intense préparation morale du Grand-Prêtre, se déroulait tout le cérémonial décrit avec force détails dans l'office de Moussaf de Yom Kippour et qui comprenait les sacrifices d'expiation, les aspersions et surtout l'entrée du Grand-Prêtre dans le Saint des Saints qui lui était accessible en ce jour de l'année seulement, et enfin les confessions pendant lesquelles le Grand-Prêtre prononçait une seule fois par an le Nom vénéré et redoutable du Seigneur, le " chem hameforach ", pendant que tout Israël à genoux, se recueillait et sollicitait le pardon de D.ieu.
Lorsque tout ce cérémonial s'était déroulé sans accroc et sans incident, le peuple, pour honorer son fidèle représentant le reconduisait chez lui dans un cortège plus pompeux encore que le précédent.
La population entière de Jérusalem, toute de blanc habillée, des cierges allumés à la main, défilait devant le Grand-Prêtre sous les fenêtres de la ville décorées de tapisseries et illuminées. Souvent le Grand-Prêtre ne pouvait parvenir à son domicile avant minuit car, malgré le jeûne de toute la journée, les fidèles ne voulaient rentrer chez eux avant d'avoir baisé la main du prélat qui avait obtenu l'absolution.
Le lendemain de Kippour le Grand-Prêtre organisait un banquet pour ses parents et amis, au cours duquel il exprimait sa reconnaissance à l'Éternel qui avait permis que son entrée et sa sortie du Saint des Saints se fussent accomplies sans accident fâcheux. Il faisait en outre graver une plaque en or sur laquelle il signalait à la postérité que l'Éternel lui avait accordé la grâce d'officier en son honneur le jour de Kippour de cette année et demandait à D.ieu de faire bénéficier ses descendants de ses faveurs.