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23 juin 2007

Chaine d'or et grand-prêtre

Question posée

bonjour je fais une recherche sur la chaine en or que portait le grand pretre , lorsqu'il entrait dans le saint des saints et devait prononcé le mot sacré.

Où puis-je trouver source et commentaires sur ce point , notamment qui placait cette chaine et la symbolique générale.

MERCI DE VOTRE AIDE

A.V. Vendredi 22 juin 09:11

°°°000°°°

REPONSE:

cher chercheur

je suppose que vous avez lu l'article que j'ai publié ici:
http://carnetspi.canalblog.com/archives/2007/04/30/4795449.html

sinon, allez-y.

COMMENTAIRES ET INDICATIONS (KNTHMH)

un texte biblique parle de chaîne d'or, cela ne concerne pas le grand-prêtre, mais comme on le verra dans mon commentaire, il a son importance et le voici:

Daniel, chapitre 5  (Bible de Jérusalem)

Dn 5:1- Le roi Balthazar donna un grand festin pour ses seigneurs, qui étaient au nombre de mille, et devant ces mille il but du vin.
Dn 5:2- Ayant goûté le vin, Balthazar ordonna d'apporter les vases d'or et d'argent que son père Nabuchodonosor avait pris au sanctuaire de Jérusalem, pour y faire boire le roi, ses seigneurs, ses concubines et ses chanteuses.
Dn 5:3- On apporta donc les vases d'or et d'argent pris au sanctuaire du Temple de Dieu à Jérusalem, et y burent le roi et ses seigneurs, ses concubines et ses chanteuses.
Dn 5:4- Ils burent du vin et firent louange aux dieux d'or et d'argent, de bronze et de fer, de bois et de pierre.
Dn 5:5- Soudain apparurent des doigts de main humaine qui se mirent à écrire, derrière le lampadaire, sur le plâtre du mur du palais royal, et le roi vit la paume de la main qui écrivait.
Dn 5:6- Alors le roi changea de couleur, ses pensées se troublèrent, les jointures de ses hanches se relâchèrent et ses genoux se mirent à s'entrechoquer.
Dn 5:7- Il manda en criant devins, Chaldéens et exorcistes. Et le roi dit aux sages de Babylone : "Quiconque lira cette écriture et m'en découvrira l'interprétation, on le vêtira de pourpre, on lui mettra une chaîne d'or autour du cou et il gouvernera en troisième dans le royaume."
Dn 5:8- Alors, accoururent tous les sages du roi; mais ils ne purent ni lire l'écriture ni en faire connaître l'interprétation au roi.
Dn 5:9- Le roi Balthazar en fut très troublé, il changea de couleur et ses seigneurs demeurèrent perplexes.
Dn 5:10- S'en vint dans la salle du festin la reine, alertée par les paroles du roi et des seigneurs. Et la reine dit : "O roi, vis à jamais! Que tes pensées ne se troublent pas et que ton éclat ne se ternisse point.
Dn 5:11- Il est un homme dans ton royaume en qui réside l'esprit des dieux saints. Du temps de ton père, il se trouva en lui lumière, intelligence et sagesse pareille à la sagesse des dieux. Le roi Nabuchodonosor, ton père, le nomma chef des magiciens, devins, Chaldéens et exorcistes.
Dn 5:12- Et puisqu'il s'est trouvé en ce Daniel, que le roi avait surnommé Baltassar, un esprit extraordinaire, connaissance, intelligence, art d'interpréter les songes, de résoudre les énigmes et de défaire les noeuds, fais donc mander Daniel et il te fera connaître l'interprétation."
Dn 5:13- On fit venir Daniel devant le roi, et le roi dit à Daniel "Est-ce toi qui es Daniel, des gens de la déportation de Juda, amenés de Juda par le roi mon père?
Dn 5:14- J'ai entendu dire que l'esprit des dieux réside en toi et qu'il se trouve en toi lumière, intelligence et sagesse extraordinaire.
Dn 5:15- On m'a amené les sages et les devins pour lire cette écriture et m'en faire connaître l'interprétation, mais ils sont incapables de m'en découvrir l'interprétation.
Dn 5:16- J'ai entendu dire que tu es capable de donner des interprétations et de défaire des noeuds. Si donc tu es capable de lire cette écriture et de m'en faire connaître l'interprétation, tu seras revêtu de pourpre et tu porteras une chaîne d'or autour du cou et tu seras en troisième dans le royaume."
Dn 5:17- Daniel prit la parole et dit devant le roi : "Que tes dons te soient retournés, et donne à d'autres tes cadeaux! Pour moi, je lirai au roi cette écriture et je lui en ferai connaître l'interprétation.
Dn 5:18- O roi, le Dieu Très-Haut a donné royaume, grandeur, majesté et gloire à Nabuchodonosor ton père.
Dn 5:19- La grandeur qu'il lui avait donnée faisait trembler de crainte devant lui peuples, nations et langues : il tuait qui il voulait, laissait vivre qui il voulait, élevait qui il voulait, abaissait qui il voulait.
Dn 5:20- Mais son coeur s'étant élevé et son esprit durci jusqu'à l'arrogance, il fut rejeté du trône de sa royauté et la gloire lui fut ôtée.
Dn 5:21- Il fut retranché d'entre les hommes, et par le coeur il devint semblable aux bêtes; sa demeure fut avec les onagres; comme les boeufs il se nourrit d'herbe; son corps fut baigné de la rosée du ciel, jusqu'à ce qu'il eût appris que le Dieu Très-Haut a domaine sur le royaume des hommes et met à sa tête qui lui plaît.
Dn 5:22- Mais toi, Balthazar, son fils, tu n'as pas humilié ton coeur, bien que tu aies su tout cela
Dn 5:23- tu t'es exalté contre le Seigneur du Ciel, tu t'es fait apporter les vases de son Temple, et toi, tes seigneurs, tes concubines et tes chanteuses, vous y avez bu du vin, et avez fait louange aux dieux d'or et d'argent, de bronze et de fer, de bois et de pierre, qui ne voient, n'entendent, ni ne comprennent, et tu n'as pas glorifié le Dieu qui tient ton souffle entre ses mains et de qui relèvent toutes tes voies.
Dn 5:24- Il a donc envoyé cette main qui, toute seule, a tracé cette écriture.
Dn 5:25- L'écriture tracée, c'est : Mené, Mené, Teqel et Parsîn.
Dn 5:26- Voici l'interprétation de ces mots : Mené : Dieu a mesuré ton royaume et l'a livré;
Dn 5:27- Teqel : tu as été pesé dans la balance et ton poids se trouve en défaut;
Dn 5:28- Parsîn : ton royaume a été divisé et donné aux Mèdes et aux Perses."
Dn 5:29- Alors Balthazar ordonna de revêtir Daniel de pourpre, de lui mettre au cou une chaîne d'or et de proclamer qu'il gouvernerait en troisième dans le royaume.
Dn 5:30- Cette nuit-là, le roi chaldéen Balthazar fut assassiné

source

SUITE COMMENTAIRES ET INDICATIONS (KNTHMH)

Dans le texte ci-dessus, nous voyons qu'il est offert une chaîne d'or (= signe de valeur précieuse) + un vêtement pourpre (= signe de royauté) et enfin: une troisième place dans le royaume, comme distinctions particulières à celui qui pourra donner une signification à l'énigme de la main traçant des signes sur le mur. (si l'on voulait aller au fond des choses, on pourraît dire que l'on propose de donner au prophète, à celui qui pénètre les secrets de D-ieu tous les signes de la royauté et de la filiation divine, une royauté et un filiation qui ont été perdues au moment de la "chûte", de la séparation de l'homme d'avec son créateur, roi et père: l'or, symbole de la lumière divine et de la transparence communionnelle, la pourpre, symbole de la royauté, et la troisième place dans le royaume, tout de suite après le roi et son fils, symbole de la filiation retrouvée, de l'unité retrouvée avec le Roi de l'Univers)

Par contre, dans l'Exode, au sujet du grand-prêtre, il est fait mention de plusieurs chaines d'or, et non d'une seule (regarder les illustrations de l'article), elles soutiennent l'éphod et le pectoral de fil d'or et de pierres précieuses. Je vous mets le passage entier concernant les prescriptions pour les vêtements du Cohen Gadol ci-dessous:

Exode 28 (La Bible du Semeur)
La Bible du Semeur (BDS)
Copyright © 1999 by International Bible Society

Les vêtements du grand-prêtre
1 ---Tu feras venir auprès de toi ton frère Aaron et ses fils, Nadab et Abihou, Eléazar et Itamar. Ils seront pris du milieu des Israélites pour me servir comme prêtres.
    2 Tu confectionneras pour ton frère Aaron des vêtements sacrés, insignes de gloire et de dignité.

    3 Tu donneras des instructions à tous les artisans habiles que j'ai remplis d'un Esprit qui leur confère de l'habileté: tu leur demanderas de confectionner les vêtements d'Aaron pour sa consécration à mon sacerdoce.

    4 Voici les habits qu'ils auront à confectionner: un pectoral, un *éphod, une robe, une tunique brodée, un turban et une écharpe. Ils feront ces vêtements sacrés pour ton frère Aaron et pour ses fils, afin qu'ils me servent comme prêtres.

    5 Ils utiliseront des fils d'or, de pourpre violette, de pourpre écarlate, de rouge éclatant et du fin lin.

   

L'éphod
6 ---Ils feront l'*éphod[a] avec des fils d'or, de pourpre violette, de pourpre écarlate, de rouge éclatant et de fin lin retors. Ce sera l'oeuvre d'artisans.
    7 On y fera deux bretelles fixées à ses deux bords.

    8 Sa ceinture sera faite de la même façon, de la même étoffe que l'éphod; elle sera faite de fils d'or, de pourpre violette, de pourpre écarlate, de rouge éclatant et de fin lin retors.

    9 Tu prendras deux pierres d'onyx sur lesquelles tu graveras les noms des fils d'Israël:

    10 six noms sur la première pierre et les six autres sur la seconde dans l'ordre de leur naissance.

    11 Tu feras graver ces noms sur ces deux pierres par un graveur de pierre comme on grave une pierre servant de *cachet; tu enchâsseras ces deux pierres dans deux montures en or

    12 et tu les fixeras sur les bretelles de l'éphod. Ces pierres rappelleront le souvenir des fils d'Israël, et Aaron portera leurs noms sur ses deux épaules devant l'Eternel comme un constant rappel.

    13 Tu feras aussi faire les deux montures en or

    14 et deux chaînettes en or pur que tu feras en forme de tresses torsadées; tu fixeras ces chaînettes ainsi tressées aux montures.

   

Le pectoral
15 ---Tu feras le pectoral du verdict[b], ce sera une oeuvre d'artisans, ouvragée comme l'éphod: tu le feras de fils d'or, de pourpre violette, de pourpre écarlate, de rouge éclatant et de fin lin retors.
    16 Une fois replié en deux, il aura la forme d'un carré de vingt-cinq centimètres[c] de côté.

    17 Tu y sertiras quatre rangées de pierreries. Sur la première, tu enchâsseras une sardoine, une topaze et une émeraude.

    18 Sur la seconde rangée: un rubis, un saphir et un diamant.

    19 Sur la troisième: une opale, une agate et une améthyste.

    20 Sur la quatrième: une chrysolithe, un onyx et un jaspe[d]. Ces pierreries seront serties dans des chatons en or.

    21 Elles seront gravées aux noms des douze fils d'Israël comme des sceaux à cacheter; chacune portera le nom d'une des douze tribus.

   
22 Tu feras pour le pectoral des chaînettes d'or pur, tressées comme des cordons.

    23 Tu feras aussi deux anneaux d'or que tu fixeras aux deux bords du pectoral.

    24 Tu passeras les deux cordons d'or dans ces deux anneaux, aux bords du pectoral,

    25 et tu fixeras les deux autres bouts des cordons aux deux agrafes, sur les deux bretelles de l'*éphod, par devant.

    26 Tu feras de plus deux anneaux d'or que tu placeras aux deux coins inférieurs du pectoral, sur le bord intérieur appliqué contre l'éphod.

    27 Tu feras deux autres anneaux d'or que tu fixeras aux deux bretelles en bas de l'éphod, sur le devant, près de l'endroit où elles sont fixées, tout près de la ceinture de l'éphod.

    28 On fixera le bas du pectoral en joignant ses anneaux à ceux du bas de l'éphod par un cordonnet[e] de pourpre violette, pour qu'il soit fixé sur la ceinture de l'éphod sans pouvoir s'en séparer.

   
29 Ainsi, par ce pectoral du verdict, lorsque Aaron entrera dans le sanctuaire, il portera sur son coeur les noms des fils d'Israël pour en évoquer constamment le souvenir devant l'Eternel.

    30 Tu placeras dans le pectoral du verdict l'*ourim et le toummim[f], qui seront ainsi sur le coeur d'Aaron lorsqu'il se présentera devant l'Eternel, et Aaron portera en permanence sur son coeur, devant l'Eternel, le moyen de connaître mon verdict concernant les problèmes des Israélites.
   

Les autres vêtements du grand-prêtre et de ses fils
31 ---Tu feras la robe de l'éphod tout entière en pourpre violette[g].
    32 Il aura au milieu une ouverture pour y passer la tête, cette ouverture sera garnie tout autour d'un ourlet tissé comme l'encolure d'un vêtement de cuir tressé, pour que la robe ne se déchire pas.

    33 Tu en garniras tout le bord inférieur de grenades faites de fils de pourpre violette, de pourpre écarlate et de rouge éclatant alternant avec des clochettes d'or:

    34 une clochette d'or et une grenade, et ainsi de suite sur tout le tour du bas de la robe.

    35 Aaron le portera pour effectuer son service et l'on entendra le tintement des clochettes lorsqu'il entrera en présence de l'Eternel dans le lieu saint et lorsqu'il en sortira; ainsi il ne mourra pas.

   
36 Tu feras une plaque frontale d'or pur sur laquelle tu graveras comme sur un *cachet: «Consacré à l'Eternel».

    37 Tu la fixeras par un cordonnet de pourpre violette sur le devant du turban

    38 pour qu'elle orne le front d'Aaron. Ainsi il se chargera des fautes que les Israélites pourront commettre lorsqu'ils m'apporteront toute espèce d'offrandes consacrées. Cette plaque sera toujours sur son front pour que moi, l'Eternel, je les accueille favorablement.

   
39 Enfin tu feras confectionner pour lui la tunique de lin, le turban de lin et la ceinture; celle-ci sera l'oeuvre d'un brodeur.

    40 Tu feras aussi pour les fils d'Aaron des tuniques, des ceintures et des turbans, insignes de gloire et de dignité.

   
41 Tu revêtiras ton frère Aaron et ses fils de ces ornements; tu leur conféreras l'onction pour les investir de leur charge et les consacrer à mon service comme prêtres.

    42 Tu leur feras aussi des caleçons de lin allant des reins aux cuisses pour cacher leur nudité.

    43 Aaron et ses fils les porteront quand ils entreront dans la *tente de la Rencontre ou quand ils s'approcheront de l'autel pour faire le service dans le lieu saint; ainsi, ils ne se rendront pas coupables d'une faute qui entraînerait leur mort. C'est une ordonnance en vigueur à perpétuité pour Aaron et pour ses descendants.

pour consulter les notes de ce texte

   

SUITE COMMENTAIRES ET INDICATIONS (KNTHMH)

dans l'article
nous voyons que c'est le cohen gadol lui-même qui se dévêtait et se revêtait après immersion, si une personne l'aidait à ces opérations, ce n'est pas précisé
des noms étaient inscrits sur les pierres précieuses, et vous les avez dans le texte ci-dessus avec leur signification
si le cohen gadol entre dans le Saint des Saints c'est pour implorer miséricorde et demander la bénédiction de D-ieu sur la terre et les familles.

Voir ensuite tous les textes qui expliquent la signification de tout vêtement, du temple et la part fondamentale apportée par la "pierre d'angle", le grand prêtre par excellence: Jésus;
vous avez là, dans ces textes toutes les significations que l'ont peut rêver de chercher et d'obtenir.

L'or est en relation avec la lumière divine, celle qu'a perdu l'homme en se coupant de son créateur, en devenant "opaque" à Lui et uniquement "charnel".
Entrer dans le "temple" c'est retrouver la communion avec D-ieu, c'est donc se revêtir d'or, de Lumière, redevenir transparent à la communication avec le Créateur, c'est participer à la construction de l'unité.

L'or, le temple (bâtiment) sont des symboles qui veulent signifier que l'homme est en marche vers l'unité retrouvée, à condition qu'il comprenne et qu'il agisse, en se reliant LIBREMENT mais résolument et fréquemment à sa SOURCE. Oui il faut déchirer le "voile" qui dissimule le Créateur, et que l'homme se réconcilie avec Lui et avec lui-même et ses semblables. Il faut retrouver l'unité!
Une chaine est faite pour relier les individus, les coeurs, les âmes, les esprits. Pas pour enchaîner et asservir, mais pour être garante de l'unité librement acceptée et accomplie.

Voici des textes importants, qui vous rediront ce que je viens d'exprimer, mais de manière circonstanciée et détaillée::

le Nom ineffable


7 jours avant le jour redoutable on préparait dans la maison du Cohen Gadol, des sièges pour le chef du Beth Din, le Cohen Gadol, le vice Cohen Gadol et le Roi. A part ces sièges, 70 sièges chaises d'argent étaient préparées pour les 70 membres du Sanhedrin. Le doyen des prêtres se levait et s'adressait au grand prêtre: Sache bien devant Qui tu vas paraître. Réfléchis au fait que , si tu ne te comportes pas comme prévu, tu tomberas et tu mourras. Or tout Israel a les yeux tourné vers toi. Fais un examen de conscience très scrupuleux pour obtenir le pardon de tes fautes, même les plus légères, et cela avant que commence le jour très redoutable. Prend garde, car tu viens devant le Roi des Rois Qui siège sur le Trône du Jugement et déniche de son regard, tout mal. Comment peut - tu venir si l'ennemi t'accompagne?

Le Grand Prêtre répondait d'une voix chargée d'émotion qu'il s'était déjà repenti et qu'il était prêt à se rendre dans la loge qui lui était réservée dans le Sanctuaire. Puis tout le monde sortit pour l'accompagner. Ils marchaient dans un certain ordre.

Voici l'ordre dans lequel ils marchaient devant lui:

En premier venaient les descendants des Rois d'Israel; après eux vinrent les membres de la famille royale de David.
Un crieur les précédait en proclamant : "Honorez la Royauté de la Maison de David"; ensuite vint la maison de Levi et le crieur proclama: "Honorez la maison de Levi! " Ils étaient au nombre de 36.000. Ils portaient des vêtements de soie bleue. Les Cohanim étaient vêtus de soie blanche. Ils étaient au nombre de 24.000.
Ensuite, vinrent ceux des Lévites qui chantaient dans le Beth-Hamikdach, des musiciens, des sonneurs de trompette, des gardiens des portes, des fabricants de parfums pour l'encens….Ils étaient suivis de tous ceux qui travaillaient dans le Beth-Hamikdach, du Sanhedrin, de 70 membres et d'une centaine de policiers qui ouvraient la voie.
Après eux, marchait le COHEN GADOL. Il était suivi des anciens de la Kehouna qui marchaient deux par deux. A l'entrée de chaque rue, les Rosché Yechivot se levaient en disant: Seigneur Cohen Gadol, puissiez vous venir en paix! Priez notre Créateur qu'Il nous soutienne afin que nous puissions étudier la Torah!
Quand la procession atteignit la porte du Har Habayit, ils prièrent d'abord pour que le Royaume de David perdure, ensuite pour la prospérité des Cohanim et pour le Beth-Hamikdach. Le bruit de la foule était si puissant que, quand elle répondait amen, les oiseaux qui volaient tombaient au sol.

Puis le Cohen Gadol s'inclina vers le peuple, se détourna en pleurs et en proie à la crainte. Deux représentants de la Kehouna l'accompagnèrent à sa chambre où on le sépara de ses frères, les Cohanim.
L'instant le plus saint et le plus redoutable du service du Grand Prêtre était lorsque vêtu des 4 vêtements de lin blanc il pénétrait dans le Saint des Saints pour effectuer son Travail.
Des prêtres lui tenaient compagnie durant toute la nuit de Kippour et étudiaient la Torah avec lui pour l'empêcher de s'endormir.
A l'aube, le parvis du Sanctuaire était déjà plein de monde. Le Grand Prêtre paré de vêtements tissés d'or, offrait les sacrifices du Grand Pardon, au nombre de 15, et faisait brûler l'encens à trois reprises.
Il changeait cinq fois de vêtements, passant des vêtements d'or aux vêtements blancs et vice-versa. Et chaque fois, avant de mettre de nouveaux vêtements, il plongeait dans le bain rituel puis se purifiait les mains et les pieds à l'aide de l'eau contenue dans un broc en or.
Le Grand Prêtre demandait pardon à trois reprises: Une première fois pour lui et sa famille, une deuxième fois pour les prêtres ses frères, une troisième fois pour l'ensemble d'Israel.

Le peuple était cependant très inquiet tant que le Cohen Gadol restait dans le Saint des Saints. Car un Grand Prêtre indigne ne ressortait pas vivant de ce lieu redoutable. Aussi pour éviter d'alarmer le peuple, sa prière était courte: Pour la pluie bénéfique, pour la subsistance suffisante, pour la délivrance des femmes enceintes, pour les fruits de la terre et pour la prospérité de la maison de David.
Une joie immense accueillait la sortie du Grand Prêtre du Saint des Saints. Pour tout Israel, c'était le signe que la prière du Grand Prêtre avait été agréée.
A la sortie de Kippour, l'honneur qu'on lui rendait était double, car tous les gens à Jérusalem défilaient devant lui. La plupart d'entre eux avaient des torches de cire blanches à la main, tous portaient des vêtements blancs. Toutes les fenêtres étaient décorées de broderies et illuminées.
Les Cohanim me racontèrent que, plusieurs années, le Cohen Gadol ne put atteindre sa maison avant minuit, à cause du grand nombre de monde qui était venu. Même si tous jeûnaient, ils ne rentraient pas chez eux avant avoir essayé d'atteindre le Cohen Gadol et de lui avoir embrassé la main.
Le jour suivant le Cohen Gadol offrit un grand festin. Il y invita ses amis et parents et célébra un jour de fête pour être sorti sain et sauf du KODECH HAKODACHIM. Ensuite, il fit fabriquer par un artisan une tablette où était gravée cette inscription: "Moi untel, fils de untel, Cohen Gadol, j'ai servi en qualité de Cohen Gadol, dans la Grande et Sainte Demeure, au service de Celui Qui y réside, en telle et telle année après la Création. Que celui qui m'a donné le mérite de ce service accorde à mes enfants le mérite d'être, après moi, au service de Hachem".

La lumière et la peau

Adam, avant la faute, avait une peau de lumière, cela veut dire que l’âme lumineuse irradiait totalement à travers le corps jusqu’à l’extérieur sans opacité, sans couche créant l’obscurité et l’arrêt. Avec la faute, une occlusion s’est produite et de or (écrit alef, vav, reich: lumière), la séparation de l’être avec l’extérieur est devenue ôr (écrit âyine, vav, reich: peau). 

Vêtements du Grand Prêtre pour exprimer la même présence du divin

- dessous, le manteau (méîl) bleu ciel de l'éphod. Il est bien renforcé en haut pour l'enfiler par la tête; il n'a pas de manches. En bas, on y intercale 36 clochettes et 36 grenades (voyez le commentaire de Rachi sur Chémote 28, 33).
- la ceinture  avnét. Elle est très travaillée (maâssé rokém) contrairement à celle du simple prêtre (cohen édiote). Comme les fils du voile du tabernacle, elle est composée d'azur de pourpre, d'écarlate avec du lin retors. Selon le Rambam, elle a trois doigts de largeur et trente-deux coudées de long.
- dessous, la tunique ou chemise, coutonéte.
- dessous, un caleçon de lin pour cacher la nudité quand il monte à l'autel.
Le service se faisait pieds nus.

Le simple prêtre (Cohen édiote)  ne porte que 4 de ces habits qu'il revêt en cet ordre : le caleçon de lin blanc, la tunique de lin blanc, la ceinture brodée, le turban blanc. Le Cohen Gadol, ou Grand Prêtre a 4 vêtements de plus comme il est dit dans la Michna de Yoma 7, 5 (et Talmud Yoma 72) : Cohen gadol méchaméche bi chémona kélim vé ha hédiote bé arbaâ, bikhtonéte ou minésayim ou mitsnéféte véavnéte ; mossif âlav Cohen gadol : 'hochéne vééphod ouméîl vatits.

Un autre habit est celui du Cohen Gadol, ou Grand Prêtre, le jour de Kippour ; vêtements blancs et ceinture blanche.

La beauté de participation (nature d'Israël reliant le bas et le haut)

Il faut se souvenir que le Sanctuaire d’en-bas a son parallèle dans les mondes d’En-Haut, pour comprendre que les vêtements de beauté sont tellement une expression de la beauté de Hachém Lui même que les commentateurs les mettent en rapport direct avec les lettres des noms saints de Hachém (voir toute l'oeuvre du Ari et des Sages qui s'en inspirent); de plus, ils soulignent le fait que l'éphod ne pouvait pas être séparé de l'autre vêtement pour garder la conscience de la relation continue à la source de cette beauté. Toute beauté doit être perçue comme reliée à la source de l'intériorité (pnimioute). Cela est exprimé également par la forme des fenêtres du Temple de Salomon (I Rois 6, 4) qui étaient plus étroites à l'intérieur du Temple qu'à l'extérieur, afin de montrer que le rayonnement vient de l'intérieur et non pas de l'extérieur.

La beauté de participation de notre être

L’importance de ces vêtements doit nous donner une vision moins banale de ce qui nous vêt. Pour cela, il faut toujours nous resituer dans la réalité profonde de notre être fait à l’image du Créateur, devant vivre avec Lui dans Sa lumière

Pour bien le comprendre, sachons que Moché Rabbéinou n’était vêtu que d’un léger vêtement lorsqu’il construisait le tabernacle car il était, et lui seul, presque dans la pureté de l’Adam primaire. Il n’avait pas besoin de vêtements particuliers car il était presque antérieur à la chute de niveau.

Le vêtement du Cohen

Par contre, le grand prêtre qui représente l'homme d’aujourd’hui en cours de rénovation et se rapprochant le plus possible de l’état idéal ancien,
- d'une part, revêt ce qui nous caractérise tous,
- mais, d'autre part, il nuance au maximum ce vêtement par des caractéristiques qui peuvent enseigner et manifester et éveiller l’état antérieur ravivé

Le vêtement du juif

Le Juif, fonction de l'homme qui travaille à sa propre rénovation (tiqoune), doit donc porter son vêtement (béguéd) comme ce qui, à la fois, manifeste ce qui est commun et en être différent : cet état est la forme de sainteté nommée qédoucha, terme qui veut dire “séparé”. 
Pour sanctifier  ainsi  le corps, il faut être séparé de la banalité actuelle pour manifester avec kavod vétiférét (dignité et beauté), la véritable distinction de l’Adam lumineux. 
Donc, Aharone et ses descendants qui nous représentent, nous vivifient et nous transforment sont, pour cela, séparés dans les lieux, les tâches, les moments, la nourriture et le vêtement.

Réflexion sur le vêtement du Juif en fonction de lumière

Tout cet ensemble nous mène à plusieurs réflexions :
- en raison de ce que nous avons dit du Cohen, est également vrai du Juif parmi les nations où il doit être lumière intérieure manifestée (or la goïm, cohen la goïm) : nos rites alimentaires sont différents, par exemple.
- le Juif portera donc une attention particulière à la tsénioute, dignité pudique du vêtement qui doit orienter vers la rencontre avec  la valeur vécue de la lumière. 
- de plus, il va de soi que le vêtement du Juif devrait être particulièrement autre, rayonnant de beauté, de propreté, de distinction, de pudeur, de noblesse et de lumière. 

Le vêtement du juif qui doit être lui-même sanctuaire

Nous savons par la paracha précédente que Hachém veut habiter parmi Son peuple comme dans un sanctuaire et que c’est Son peuple qui doit être la manifestation de Sa gloire et de Sa beauté comme un sanctuaire splendide, comme un vêtement de la mariée révèle la beauté de ce qui se passe. Le psaume 89, 18 le dit : "la parure de leur force, c’est Toi, et dans Ton ratsone, Ta volonté, s’élève notre puissance". Qui connait la beauté d’Israël et veut la vivre dans le réel peut dire avec le prophète Isaïe 49,3 : 
“Tu es toi Mon serviteur Israël, par qui Je suis embelli,
Li âvdi ata Yisrael achér békha étpaar". 

Un vêtement porteur de pierres de lumière


Il faut relire les versets suivants, et les références que donne le Chla : Isaïe 64, 10 ; 60,  7 et 13. Il faut lire aussi tout le psaume 45 que l’on dit lors du mariage, que l'on considère comme un moment réel ou optatif de l'accès de l'être à la lumière.
Aucun Juif ne devrait ignorer cette construction splendide de l’homme dans la lumière divine qui nous est dévoilée en ces textes.

Nous comprenons maintenant pourquoi le Grand Prêtre portait sur son vêtement les pierres précieuses différentes représentant les tribus d’Israël. Chacune était enchassée dans un chaton d’or brodé michbétséte zahav.

 

On comprend aussi le sens du devoir de vêtir de beauté son épouse (vêtements et bijoux) auquel s'est engagé le mari en signant la kétouba du mariage. Les poèmes du Chabbate chantent les bijoux et vêtements de la Chékhina. Lisez aussi le superbe cantique que l'on chante avant le repas de Chabbate, Echéte 'Hayil (Proverbes 31, 10-31). Il parle de cela sans cesse. Donc, en conclusion simple et brute: impossible et interdit pour le Juif d'être vêtu de vêtements laids et sales.

Rôle éducatif des Cohen

Il s’ensuit qu’il y a à adopter une conception du vêtement qui, selon ces enseignements, soit l'expression de la beauté de Hachém qui devrait nous illuminer : les Cohanim, justement, nous rappellent par leur bénédiction que ces dons d'honneur et de beauté de Hachém nous sont acquis, sont en nous et devraient rayonner : "Hachém fera rayonner sa face sur toi et qu'il te soit bienveillant, Hachém dirigera son regard sur toi et t'accordera la complétude" (Bamidbar 6, 22-27). Les descendants d'Aharone, les Cohen, ont cette fonction de nous rappeler ce rayonnement. Des siècles de pauvreté dans l'exil où le Juif a dû se camoufler, ne doivent pas éteindre cette expression capitale puisqu'elle concerne non seulement notre condition initiale mais aussi notre être-même qui est fait à l'image du Créateur et en exprime la lumière. Et la fidélité aux ancêtres est à cet enseignement et non pas à l'attitude humiliée où nous ont placé nos ennemis. 

Une anthropologie juive de l'être et du regard

Une conception esthétique de soi-même devrait donc être une base de l'anthropologie juive, et la laideur, la saleté ou la vulgarité devraient particulièrement être ressenties comme un voilement de la beauté du Créateur et une atteinte directe à Son image.

Un travail personnel est nécessaire à ce sujet comme dit le psaume 57, 9 : "oura khévodi, éveille-toi ma gloire”, ou comme Ribbi Yo’hanane qui appelait ses vêtements “ma gloire, kévodi" (Traité Chabbate, 113). Nous comprenons maintenant pourquoi. Les deux personnes dans le couple doivent s'aider pour y parvenir.

C'est une approche peut-être subtile des individus et très éloignée de la brutalité des nombreuses relations humaines, mais le judaïsme n'est pas seulement subtil dans l'intelligence analytique, il l'est autant en ce qui concerne l'inter-relation et le port du corps. 
L'être humain peut et doit être remarqué et apprécié dans sa beauté, mais ce message visuel doit être perçu comme venant d'une source qu'est Hachém Lui-même, c'est ce que l'on appelle la bérakha, flux des bénédictions qui est venu de la source. 
Alors, percevoir la beauté de créatures, spécialement de l'autre sexe, devrait faire obligatoirement s'élever une bénédiction : "c'est ainsi dans Son monde, pour Lui, à Son image" et non pas : "c'est ainsi pour le plaisir vulgaire et superficiel de mon regard sur autrui". La tradition nous rappelle que cela demande une vigilance constante car ce qui est reçu par le regard atteint sans défense les zones les plus intérieures et les plus pulsionnelles : c'est pour cela que c'est le même mot âyine qui désigne en hébreu l'oeil et la source. (Relire ce que nous avons écrit sur la bénédiction dans la fête de Tou bi Chevate ).
C'est en ce sens qu'il est dit, en Chémote 23, 20 : "voici, J'envoie devant toi Mon messager pour te conduire au lieu que J'ai préparé pour toi, él hammaqom achér hakhinoti". 
Et Rachi dit, dans le sens qui nous est familier à propos de la résidence de Hachém : 
"kévar méqomi nikar kénégdo, c'est l'endroit auquel correspond le lieu où est Ma résidence ; 
vé zé é'had mine hammiqraote,c'est un des textes  ché omérim ché beit hammiqdache chél maêla, qui montrent que le sanctuaire d'En-Haut 
mékhouvane kénéghéd béit hammiqdache chél mata,correspond au sanctuaire d'En-bas". 
(La source de Rachi est dans Tan'houma 18 ; voir aussi le splendide Rachi de Chémote 15, 17).

En résumé, l'autre individu, dans son apparence d'honneur et de beauté, doit être perçu comme un lieu de demeure de Hachém, et cette demeure apparente doit nous conduire à la source et à la demeure invisibles. Il faudrait penser à ce Rachi dans toute rencontre sociale aussi bien qu'affective. 

le Cohen  sont, parmi les Juifs, 


- le prototype de l'homme rénové;
- celui qui meut le service désintéressé de la rénovation du monde dans l'ordre bénéfique de la bénédiction ; 
Ainsi est, à son image, le peuple juif au milieu des nations, comme une lumière et comme un Cohen.
Que le Ciel nous rende vite ce lieu et sa fonction, comme Il nous l'a promis, pour le bonheur d'Israël et de toutes les nations

Le sens et le rôle du Sanctuaire

Le Sanctuaire et ce qui s'y déroule sont, justement, au point de jonction de ces deux dimensions inconciliables pour notre regard. Et pourtant, c'est cette jonction qui assure la vie. De façon imagée, nous pourrions dire que ce qu'il y a d'inconciliable et d'incompréhension et de différence dans ce que sont la femme et l'homme, est aussi la source du sentiment de vie et d'amour, et la source la plus matérielle de la vie florissante. Il est possible de vivre dans ce point de jonction double et irréductible. C'est le point de vie.

Vayéhi ba yom hachémini, quand on fut au huitième jour".
Il s’agit du huitième jour du mois de Nissane, celui où a été inauguré le Sanctuaire. Expliquons pourquoi il a été inauguré le 8e jour et non pas un autre.
Le chiffre 7 (semaine) est de l’ordre des mitsvotes du chabbate (lien) et du yovél et de l’année de chémita (lien), des sept jours de Pessa'h (lien) et de la fête de Souccote (lien), et du deuil de 7 jours ou chiveâ (lien) ou les 7 jours de fête de la joie du mariage (les chévâ bérakhotes, lien), et tout cet ensemble n’est qu’un seul sujet qui réfère aux sept jours de la Création.
Par contre, le chiffre 8 concerne ici le Cohen Gadol, le Grand Prêtre, qui est au service de Celui qui est au delà de tout cela, et qui est 1 ; et D.ieu Lui seul est 1. Aucun homme n'est D.ieu et ne peut se prendre pour D.ieu dans un délire. C'est pourtant fréquent, mais ce n'est pas Juif. C’est ce UN là qui est concerné par le terme de huitième jour, le 1 au delà du sept qui caractérise au mieux notre monde.  Le vêtement ne doit pas seulement être référé à l'image d'un milieu, d'une fonction, d'un âge, d'un sexe, ni à la beauté du corps de celui ou de celle qu'il habille, mais à la source de sa beauté.
De même que le Grand Prêtre ne portait ses plus beaux vêtements que pour le service,  il faut retrouver une hiérarchie des vêtements différents suivant les moments, mais sans jamais descendre du niveau de ce que nous sommes intérieurement et que nous devons faire rayonner. D'où l'importance particulière des vêtements du Chabbate qui doivent être portés en leur beauté dans la montée de sainteté qui se fait depuis la veille jusqu'après l'office de min'ha. Ce n'est pas un moment où on se néglige comme parfois en vacances.

Ajoutons, à partir de là, que lorsque nous assistons, dans le livre de Vayiqra, à la rénovation de la Création, à la restauration de l’homme dans l’ordre idéal et premier, ce n’est pas seulement une vision humaniste et révolutionnaire qui organise un monde nouveau et meilleur autour d’un système de régulation optimale. Tout ce système ne fonctionne que parce qu’il est orienté vers sa SOURCE qui est au delà de lui ("lé âvodate él é’had vé’hechbone chémona a’har chiveâ, vers le service de El, D.ieu Un, et son nombre est huit après sept").

Le Sanctuaire et l'homme : importance de ces rites régulateurs

Ainsi, le même mouvement qui nous fait passer de la réalité matérielle et laborieuse du sept vers le service de D.ieu Un, cette vectorisation dynamique qui porte l'homme dans la prière et plus encore dans les actes posés dans le Sanctuaire, cela nous enseigne également qu’il y a une source en nous à cette orientation, c’est le cœur, le lév.

Sans ces deux pôles, le divin et notre coeur (lév, El), l’organisation du Sanctuaire n’aurait pas de “sens” : si le monde se prive de ce sens bipolaire, tout s’écroule comme le disent sans cesse les prophètes et la Torah. 
Bien plus, notre tradition nous a remis les actes historiques nombreux de cette dynamique qui sera ou bénéfique ou catastophique suivant le comportement de l'homme, comme la destruction du Temple l’a prouvé, et comme le prouvent les meilleurs idéaux humains qui, s'ils en restent à l’horizontalité de l’homme, s'effondrent en tragédies destructrices.

Voilà pourquoi, depuis toujours et plusieurs fois par jour, les Juifs du monde entier se tournent vers ce coeur de tout le judaisme : la montagne du Temple  et récitent plusieurs fois par jour le texte de ces rites régulateurs qui doivent s'y dérouler, le pitoum ha qétoréte et le récit des sacrifices comme dans la prière de chaque matin.

Quand les nations le comprendront, au lieu de détruire le Temple, puis de l'accaparer pour supprimer cette centrale nécessaire au bien de l'humanité, elles feront comme le sage Roi de la Perse à l'époque : elles donneront l'ordre de rebâtir le Temple pour le bien de tous. Elles auront retrouvé le sens de la fraternité humaine et comprendront le rôle du peuple juif : un peuple qui a reçu une fonction de service, serviteurs, "Cohanim" pour le bien de toute la Création.

Le Temple n'est donc pas une sorte de super-organisation des Nations Unies. Il a ce rôle de régulation parce que le Créateur a choisi  d'en faire le lieu prototypique du projet de Sa Création, un lieu de rencontre du divin et de l'humain dans l'ordre de tous les niveaux, là où il sera possible non seulement de cohabiter entre hommes, mais entre les hommes et leur Créateur dans la paix

"faites-moi un Sanctuaire et J'habiterai parmi eux",
âssou li miqdache vé chakhanti bé tokham (Chémote 25, 8).
Le peuple juif est, par là, le peuple du service et de l'humilité obéissante.

Déchirer les voiles


Tant qu'il n'y avait « que » Yahvé, le Dieu trois fois Saint, le Seigneur des Armées (Sabaoth), le (Seigneur des) Cieux (Shammaïm), le Seigneur (Adonai), le Saint des Saints (Qadosh Qadoshim), il semble qu'étaient « tolérés » le grand Temple de Salomon, puis le petit Temple d'Esdras, puis de nouveau l'immense Temple d'Hérode le Grand. Maintenant que tout est accompli, Yahvé se révèle en un homme, Jésus, son Fils, le Christ (Messie), le Seigneur (Kyrios) et prétend qu'avec ce fils s'épuise dans l'histoire la « révélation » de soi : l'homme n'a plus besoin de cacher derrière la tenture, le rideau, le « voile », ce Dieu inaccessible. La « révélation » (le soulèvement du voile) est elle aussi accomplie. C'est pourquoi, de croyant I'homme est appelé à devenir chrétien. Être chrétien, c'est croire au Dieu de Jésus‑Christ, c'est croire en celui qu'il appelle légitimement « Père », et qu'on n'a plus besoin de reléguer derrière un rideau. La liaison est désormais directe, immédiate, personnelle : c'est une relation je‑tu, à la Martin Buber. Être « l'alter ego » de Jésus‑Christ, c'est pour un prêtre, déchirer tous les voiles qui cachent encore aux hommes le visage humain de Dieu ; c'est les délivrer de toutes les imaginations humaines pour synthétiser l'inaccessibilité de Dieu. Le prêtre du Christ est un démystificateur, un démythologiseur, un désenchanteur. S'il doit introduire à un mystère (la mystagogie), c'est à celui de l'amour, à un tel amour d'un Dieu Créateur, pour l'homme créature. C'est-à-dire, si le prêtre de Jésus-Christ a un ministère (service), c'est celui de la réconciliation, de la miséricorde et du pardon ! Cela ne nécessite en rien les fastes des manifestations religieuses traditionnelles.

FIN COMMENTAIRES (KNTHMH)

Que l'on soit croyant ou non, juif, chrétien ou d'autres confessions, il y a tout avantage à lire cet article et le précédent à ce sujet

car c'est entrer dans une certaine compréhension du monde et des hommes et de l'"histoire"

si l'on ne croit pas en D-ieu ou en un Créateur, il est tout de même un fait, c'est que l'homme petit à petit s'est coupé de sa SOURCE et ne sait plus vivre en unité, en harmonie avec ses semblables et avec l'univers.  Comprendre, mettre en pratique ce qui est signifié ici, retrouver le sens de la beauté, de l'intériorité, de la valeur inestimable de chaque individu, éprouver la nécessité de l'unité, de la communication vraie, de la pureté du regard comme de l'intention, retrouver le sens profond de nos existences sur terre permettrait de construire un monde infiniment plus vivable et heureux pour tous!

je vous félicite de vous pencher sur des recherches semblables et souhaite vous avoir été utile dans votre quête

KNTHMH 23 juin 07

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