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18 janvier 2007

Un ange à Dachau

Je viens de lire avec passion les souvenirs d'une jeune Allemande qui se fit en 1944 « l'ange gardien» des déportés du camp de Dachau. Et, comme d'habitude, je suis ravi de vous en faire part.

Elle était née en 1924. Elle a donc 9 ans en 1933. Pour Pâques, elle va faire sa première communion et s'y prépare avec soin. Son Dieu va lui faire une surprise: dans un moment de recueillement, Il l'interpelle pour lui dire qu'il compte sur elle pour une mission. Pour l'instant, elle n'en saura pas plus, mais c'est déjà un grand bonheur. Ce qu'elle a bien compris, c'est qu'elle va lui consacrer sa vie.

Après ses études primaires au village, Josefa entre dans une école tenue par des Sœurs, les Sœurs des écoles, comme on les appelle en Bavière. Elle va y apprendre à devenir enseignante en travail manuel.

Et voilà qu'un soir de mai 1944, la supérieure de la maison la fait appeler. C'est pour lui présenter un homme qui travaille depuis des années avec les prisonniers du camp de Dachau. Elle propose alors à Josefa de faire la navette chaque semaine pour se rendre au camp, moitié en train, moitié à pied par la route, pour prendre livraison de plantes et de légumes.
Et cela à partir du lendemain.

Dès le premier jour, elle a pu traverser de grands. champs dans lesquels les détenus travaillaient en petits groupes sous la garde d'un surveillant. Des centaines d'hommes en pantalons et vestes rayés, le crâne rasé, le visage blême et bouffi. Elle se sentait regardée avec curiosité, comme arrivant d'une autre planète. « Je n'oublierai jamais cette image », a-t-elle dit.

La première demande qu'on lui fit fut d'apporter des hosties et un peu de vin pour que les prêtres, il y en avait beaucoup, puissent célébrer en secret. Puis ce furent des lettres de prisonniers à leurs familles qu'elle avait à mettre dans les boîtes aux lettres des environs du couvent. Peu lui importait que ces activités soient passibles de la peine de mort. «J'étais tellement heureuse de rendre ces services... Je le faisais dans une totale confiance intérieure. » Elle avait enfin trouvé sa mission qui ne s'arrêtera sous cette forme qu'à la libération du camp, en mai 1945.

Quand elle rentrait de Dachau, elle était pressée de faire partager aux Sœurs ce qu'elle avait vécu dans la journée; les rencontres qu'elle avait eues avec les détenus, dans la serre, à l'heure de midi; ils se plaignaient énormément des humiliations, des tortures, de toutes sortes de cruautés.

Les Sœurs s'associaient pleinement à tout ce qu'elles entendaient et se mettaient à préparer chaque semaine son prochain voyage, en confectionnant de tout leur cœur et de tout leur art des pâtisseries, grâce aux ingrédients que les amies du couvent, informées avec discrétion, apportaient généreusement. Ce soutien empressé de la communauté, avec l'aide de son voisinage, lui fut d'un grand réconfort.

On s'est questionné pour savoir où était le Christ en ces temps et ces lieux diaboliques. Alors que, présent, il l'était, bien plus qu'on ne le pense. Lui, le « Dieu avec nous », désirait tellement entrer dans le camp de Dachau, dans l'incognito de son incarnation. En toute discrétion selon son habitude. C'est Josefa qui lui traçait le chemin.

Alban GERLIER.

Josefa-Maria-Imma Mack. Un ange à Dachau. Téqui.


Un ange à Dachau
pourquoi j'aime les azalées : souvenirs de mes voyages à la plantation du camp de concentration de Dachau de mai 1944 à avril 1945

Josefa Maria Imma Mack

Livre, 7,80 EUR
95 pages   210 mm x 140 mm

Date de parution : 30 novembre 2005

ISBN-10 : 2-7403-1210-5
ISBN-13 : 978-2-7403-1210-0

GENRE : Autobiographies Récits

RESUME : Soeur Josefa raconte comment son ingénuité lui permit d'entrer dans le camp de Dachau sans éveiller les soupçons des SS et apporter ainsi du réconfort aux détenus. A vingt ans, en mai 1944, Josefa a été confrontée au destin effroyable des prisonniers et au camp de concentration alors qu'on l'avait simplement chargée d'aller y chercher des plantes.

ARGUMENTAIRE : C'est pratiquement par hasard que Josefa, une jeune fille de 20 ans, s'est trouvée confrontée à des prisonniers dont la destinée devait être effroyable.

On l'avait simplement envoyée à Dachau pour y chercher des plantes. Elle a rapidement compris ce qui se passait derrière les murs et dans quel danger ses visites la mettaient.

Mais semaine après semaine, elle prit la route de Freising à Dachau pour apporter pain et réconfort, et servir de lien avec le monde extérieur. Elle joua un rôle capital dans l'organisation de l'ordination de Karl Leisner, béatifié par le pape Jean Paul II.

Un récit poignant, un encouragement à garder l'espérance.

« En vérité, c'est lorsque la détresse est la plus grande, que le secours de Dieu est le plus proche !
N'est ce pas quand il est temps encore de donner que nous devons délibérément tendre la main ? »
M. Theresia Gerhardinger, Fondatrice de la Congrégation des Pauvres Soeurs des Écoles de Notre-Dame

Fiche bibliographique en français établie par Electre, © Electre.

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