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Sentences spirituelles diverses, mieux connaître les grandes religions: Judaïsme, Islam, Christianisme, Charles de Foucauld

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28 mai 2006

Evangile de Philippe

(1) Un HÈbreux peut faire un HÈbreux et on appelle ce dernier un prosÈlyte, mais un prosÈlyte ne peut pas faire un prosÈlyte. (Certains) sont tels qu'ils sont et font d'autres pareils ý eux parce que ceux-ci le deviennent.

(2) L’esclave n’aspire qu’ý Ítre libre. Il ne recherche pas les biens (ousia) de son maÓtre. Mais le fils, non seulement il est fils mais il peut prÈtendre ý l’hÈritage de son pËre. Ceux qui hÈritent de ce qui est mort sont eux-mÍmes morts et hÈritent de ce qui est mort. Ceux qui hÈritent de ce qui est vivant sont eux-mÍmes vivants et hÈritent de ce qui est vivant et de ce qui est mort. Les morts n’hÈritent de rien. Car comment un mort pourrait-il hÈriter ? Si celui qui est mort hÈrite de ce qui est vivant, il ne mourra pas, mais alors, lui qui Ètait mort, vivra.

(3a) Un paÔen ne meurt pas car il n’a jamais vÈcu pour pouvoir mourir. Celui qui croit ý la vÈritÈ vit, et il court le danger de mourir car il vit.

(3b) Depuis le jour o˜ le Christ est venu, le monde a ÈtÈ crÈÈ, les villes, ordonnÈes (kosmei), ce qui est mort, rejetÈ.

(3c) Quand nous Ètions des HÈbreux, nous Ètions orphelins et nous n’avions qu’une mËre, mais quand nous sommes devenus chrÈtiens, nous avons eu un pËre et une mËre.

(4 et 5) Ceux qui sËment en hiver rÈcoltent en ÈtÈ ; l’hiver, c’est le monde, l’ÈtÈ, c’est l’Eon. Semons dans le monde afin de pouvoir rÈcolter en ÈtÈ. C’est pourquoi il ne convient pas que nous priions pendant l’hiver ; en dehors de l’hiver, c’est l’ÈtÈ. Celui qui rÈcoltera en hiver ne rÈcoltera pas, il arrachera, car ce qui est inexistant ne porte pas de fruit, non seulement il ne produit pas, mais mÍme le sabbat ne produit pas de fruit.

(6) Le Christ est venu en racheter quelques-uns, dÈlivrer les uns, sauver les autres. Ceux qui Ètaient Ètrangers, il les a rachetÈs et il les a faits siens. Et il a sÈparÈ les siens, ceux qu’il donna comme garantie de ses intentions. Ce n'est pas seulement lorsqu'il se manifesta qu'il livra son ’me (psychË) volontairement, mais depuis que le monde existe, il l'a livrÈe. Lorsqu'il le voulut, il vint alors pour la dÈlivrer puisqu'elle Ètait gardÈe en otage. Elle se trouvait au milieu des brigands et elle avait ÈtÈ emmenÈe prisonniËre et il la sauva. Et Il racheta les bons et les mÈchants qui sont dans le monde.

(7) La lumiËre et les tÈnËbres, la vie et la mort, la droite et la gauche sont sœurs les unes des autres ; elles sont insÈparables. C’est pourquoi ni les bons sont bons ni les mÈchants mÈchants, ni la vie est vie, ni la mort est mort. En consÈquence chacun sera dissous dans sa nature originelle. Mais ceux qui sont supÈrieurs au monde sont indissolubles, Èternels.

(8a) Les noms qui sont donnÈes aux choses du monde renferment une grande illusion, car ils dÈtournent la pensÈe de ce qui est rÈel vers ce qui n'est pas rÈel, et celui qui entend le nom ´ Dieu ª ne saisit pas ce qui est rÈel mais ce qui n'est pas rÈel. De mÍme dans le ´ PÈre ª et le ´ Fils ª et ´ l'Esprit Saint ª et la ´ Vie ª et la ´ LumiËre ª et la ´ RÈsurrection ª et ´ l’Eglise ª, et tous les autres on ne perÁoit pas ce qui est rÈel, on perÁoit ce qui n'est pas rÈel, ý moins d'avoir appris ce qui est rÈel.

(8b) Tous les mots entendus dans le monde sont trompeurs. S'ils Ètaient dans l'Eon, ils ne seraient pas prononcÈs dans le monde ý aucun moment, et ils ne seraient pas rangÈs parmi les choses du monde. Dans l'Eon ils ont une fin.

(9a) Un seul nom n'est pas prononcÈ dans le monde, le nom que le PËre a donnÈ au Fils. Il est supÈrieur ý tout. C'est le nom
du PËre. Car le Fils ne deviendrait pas le PËre s'il ne revÍtait pas le nom du PËre. Ce nom, ceux qui le possËdent le connaissent, mais ils ne le prononcent pas. Ceux qui ne le possËdent pas ne le connaissent pas.

(9b) La VÈritÈ engendra les noms dans le monde parce qu'il est impossible de l'apprendre sans noms.

(9c) La VÈritÈ est unique mais en mÍme temps elle est multiple pour que nous puissions, par amour, enseigner cet Unique gr’ce ý sa multiplicitÈ.

(10a) Les archontes voulurent tromper l'homme quand ils virent qu'il Ètait apparentÈ (suggeneia) ý ce qui est vraiment bon. Ils prirent les noms de ce qui est bon et les donnËrent ý ce qui n'est pas bon pour le tromper par les noms et le lier ý ce qui n'est pas bon. Et aprËs cela, s’il leur manifeste de la faveur, ils les enlËvent de ce qui n’est pas bon et les mettent ý ce qui est bon. Ils connaissaient cela car ils voulaient s'emparer de l'homme libre et faire de lui leur esclave pour toujours.

(10b) Ce sont ces forces qui luttent contre l’homme ne voulant pas qu’il se dÈlivre afin de dominer our toujours sur lui comme sur un esclave. Car si l’homme Ètait dÈlivrÈ, les sacrifices d’animaux ne se produiraient plus, ils ne seraient plus offerts ý ces forces. En vÈritÈ, celles-ci sont des animaux, mais aprËs qu’ils Ètaient offerts, ils mouraient. Quant ý l’homme il fut offert ý Dieu, mort, et il vÈcut.

(11) Avant la venue du Christ, il n’y avait pas de pain dans le monde. Ainsi dans le paradis o˜ Ètait Adam, il y avait beaucoup d’arbres pour la nourriture des animaux ; il n’y avait pas de blÈ comme nourriture pour l’homme. L’homme se nourrissait comme les animaux, mais lorsque le Christ, l’Homme parfait (tÈlÈios) vint, il apporta du pain du ciel afin que l’homme se nourrÓt d’une nourriture d’homme.

(12a) Les archontes croyaient que c’Ètait par leur puissance et leur volontÈ qu’ils opÈraient, mais c’est l’Esprit Saint qui opÈrait en secret par leur entremise comme lui-mÍme le dÈsirait.

(12b) La VÈritÈ est semÈe partout, elle qui existe depuis l'origine. Beaucoup la voient lorsqu'elle est semÈe, mais peu la voient quand elle est rÈcoltÈe.

(13) Plusieurs disent que Marie a conÁu de l'Esprit (pneuma). Ils se trompent, ils ne savent pas ce qu'ils disent. Quand une femme a-t-elle jamais conÁu d'une femme ? Marie est la vierge qu'aucune force naturelle (dynamis) n'a souillÈe. Elle est un grand anathËme pour les HÈbreux, qui sont les apÙtres et les apostoliques. Cette vierge qu'aucune force n'a souillÈe est immaculÈe... et les forces naturelles se souillent. Et le Seigneur n'aurait pas dit : Mon PËre qui est dans les cieux, s'il n'avait pas eu un autre pËre, il aurait dit simplement : Mon pËre.

(14) Le Seigneur dit aux disciples : Eloignez-vous de toute maison. Entrez dans la maison du PËre, ne prenez ni n’emporter rien de la maison du PËre.

(15) JÈsus est un nom cachÈ, Christ un nom manifestÈ. C'est pourquoi JÈsus est semblable dans toutes les langues, on l’appelle toujours par le nom de JÈsus. D'autre part, Christ est ´ messie ª en syriaque et ´ christos ª en grec. Il est certain que tous les autres l'ont conformÈment ý leur propre langue. Le ´ nazarÈen ª est celui qui rÈvËle ce qui est cachÈ. Christ possËde tout en lui-mÍme, soit homme, soit ange, soit mystËre, et le PËre.

(16) Ceux qui disent que le Seigneur est mort d'abord puis ressuscitÈ se trompent, car il est ressuscitÈ avant de mourir. Si quelqu'un ne ressuscite pas d'abord, aussi vrai que Dieu est vivant, il ne mourra pas, il est dÈjý mort.

(17) On ne cache pas un objet de valeur dans un grand vase, mais souvent des sommes incalculables sont placÈes dans un vase d’un sou. Il en est de mÍme de l’’me. C’est un objet prÈcieux qui se trouve dans un corps mÈprisable.

(18a) Il y en a qui craignent de ressusciter nus. C’est pourquoi ils veulent ressusciter dans la chair, mais ils ne savent pas que c’est ceux qui sont revÍtus de chair qui sont nus. Ceux qui se dÈpouilleront au point de se mettre nus, ceux-lý ne seront pas nus.

(18b) La chair et le sang ne peuvent hÈriter le Royaume de Dieu. Qu’est-ce qui n’hÈritera pas ? Ce dont nous sommes revÍtus. Mais de quoi sera-t-il hÈritÈ ? Du Christ et de son sang. C’est pourquoi il a dit : Celui qui ne mangera pas ma chair et ne boira pas mon sang n’aura pas la vie en lui. Qu’est-ce que sa chair ? C’est la Parole et son sang, c’est l’Esprit Saint. Celui qui a reÁu cela a une nourriture, une boisson et un vÍtement.

(19a) Moi je bl’me aussi ceux qui disent que la chair ne ressuscitera pas. Tous sont dans l’erreur. Tu dis que la chair ne ressuscitera pas, mais dis-moi ce qui ressuscitera pour que nous puissions te vÈnÈrer ? On dit que l’Esprit est dans la chair, et il y a aussi cette LumiËre dans la chair et aussi la Parole. Quoi que tu dises, tu ne dis rien en dehors de la chair. Il est nÈcessaire de ressusciter dans cette chair lý parce que tout est en elle.

(19b) En ce monde, ceux qui portent des vÍtements sont supÈrieurs aux vÍtements. Dans le Royaume des cieux, les vÍtements sont supÈrieurs ý ceux qui les portent.

(20) C'est par l'eau et par le feu que tout le lieu est purifiÈ, le visible par le visible, le cachÈ par le cachÈ. Il y a des choses cachÈes ý travers celles qui sont visibles. Il y a une eau dans l'eau, et un feu dans l'onction.

(21) JÈsus leur a tout dÈrobÈ car il ne s'est pas rÈvÈlÈ tel qu'il Ètait, mais comme ils Ètaient capables de le voir. Il leur est apparu ý tous : grand aux grands, petit aux petits, ange aux anges (aggÈlos) et homme aux hommes. C'est pourquoi sa parole est a ÈtÈ cachÈe ý tous. Quelques-uns le voyaient croyant se voir eux-mÍmes. Mais quand il apparut ý ses disciples dans la gloire sur la montagne, il n'Ètait pas petit, il Ètait devenu grand, et il grandit ses disciples (mathËtËs) pour qu'ils fussent capables de le voir dans sa grandeur. Et il dit ce jour-lý dans sa reconnaissance (eucharistia) : Toi qui unis la lumiËre parfaite ý l'Esprit Saint, unis aussi les anges aux images que nous sommes.

(22a) Ne mÈprisez pas l’agneau, car sans lui il est impossible de voir la porte.

(22b) Personne ne pourra s'avancer vers le Roi s'il est nu.

(23) Les fils de l'homme cÈleste sont plus nombreux que ceux de l'homme terrestre. Si les fils d'Adam sont nombreux bien qu'ils meurent, combien plus nombreux sont les fils de l'homme parfait, eux qui ne meurent pas mais sont perpÈtuellement rÈgÈnÈrÈs.

(24) Le PËre fait un fils mais le fils ne peut faire de fils car, lý, celui qui a ÈtÈ engendrÈ ne peut engendrer, mais le fils acquiert non des fils mais des frËres.

(25a) Tous ceux qui sont engendrÈs dans le monde sont engendrÈs par la nature (physis), mais les autres par l'Esprit (pneuma). Et ceux-ci crient d'ici-bas vers l'homme, car ils se nourrissent de la promesse du lieu d'en haut.

(25b) Si la parole (logos) sortait de la bouche, elle nourrirait par la bouche et ferait devenir parfait. En effet c'est par un baiser que les parfaits fÈcondent et enfantent. Pour cette raison nous nous embrassons aussi les uns les autres, et nous sommes fÈcondÈs par la gr’ce (charis) des uns et des autres.

(26) Il y en avait trois qui marchaient toujours avec le Seigneur : Marie sa mËre et sa sœur et Madeleine appelÈe sa compagne. Sa sœur, sa mËre et sa compagne Ètaient chacune Marie.

(27) PËre et fils sont des noms simples, l’Esprit Saint est un nom double; or ils sont partout: en haut, en bas, dans l'invisible, dans le rÈvÈlÈ. L'Esprit-Saint est-il dans le rÈvÈlÈ, il est en bas; est-il dans l'invisible, il est en haut.

(28) Les saints sont servis par les puissances mauvaises. En effet celles-ci sont aveuglÈes par l’Esprit Saint, en sorte qu’elles croient servir les leurs, alors qu’elles travaillent pour les saints. C’est pourquoi un disciple posa un jour au Seigneur une question sur quelque chose du monde. Il lui rÈpondit : Demande ý ta mËre, elle te donnera une rÈponse qui n’est pas d’elle.

(29) Les apÙtres disaient aux disciples : Puisse ce que nous apportons (prosphora) recevoir le sel. Ils appelaient Sophia le sel. Sans elle aucune offrande n’est acceptable. Mais la Sophia est stÈrile, sans enfant. C’est pourquoi on l’appelle ´ un peu de sel ª. Lorsqu’ils seront dans leur vÈritable voie, l’Esprit Saint... nombreux sont ses enfants.

(30) Ce que le pËre possËde revient au fils et le fils lui-mÍme tant qu’il est enfant ne se voit pas confier ce qui lui revient. Mais lorsqu’il devient un homme, son pËre lui remet tout ce qu’il possËde.

(31a) Ceux qui ont ÈtÈ conÁus par l'Esprit et qui sont ÈgarÈs, c'est aussi par l'Esprit qu'ils sont ÈgarÈs. En effet, c'est par le mÍme souffle (pneuma) que s'allume et s'Èteint le feu.

(31b) Une chose est Achamoth et autre chose Echmoth. Achamoth est la Sagesse (sophia) absolue (aplÙs). Mais Echmoth est la sagesse de la mort, celle qui connaÓt la mort. C’est la petite sagesse.

(32) Il y a des bÍtes soumises ý l'homme comme le bœuf, l'’ne et autres. D'autres ne sont pas soumises et vivent seules au dÈsert. L'homme laboure le champ avec les animaux soumis et gr’ce ý cela, il se nourrit ainsi que les bÍtes soumises ou non soumises. De mÍme l'homme parfait : il laboure avec les forces (dynamis) qui lui sont soumises, prÈparant chacun ý venir ý l'Ítre. C'est ainsi que tout est redressÈ, soit les bons, soit les mÈchants, et ceux de droite et ceux de gauche. L'Esprit les mËne tous paÓtre et gouverne toutes les forces, les soumises et les non soumises ainsi que les uniques. Il les rassemble et les enclÙt afin que ceux qui le voudraient ne puissent s'enfuir.

(33) Celui qui a ÈtÈ modelÈ (plassein) Ètait de race noble, et tu devrait trouver que ses fils sont d’un noble (eugenËs) modelage (plasma). S’il n’avait pas ÈtÈ modelÈ mais engendrÈ, on trouverait que sa semence (sperma) est noble (eugenËs). Or voici qu’il a ÈtÈ modelÈ et qu’il a engendrÈ. Quelle noblesse (eugeneia) y a-t-il eu en cela ? Il y eut adultËre et ensuite meurtre. Il fut conÁu dans l’adultËre, car il Ètait fils du serpent ; c’est pourquoi il devint meurtrier, comme son pËre, et tua son frËre. Or toute union (koinÙnia) entre personnes dissemblables est un adultËre.

(34a) Dieu est un teinturier. De mÍme que les bonnes teintures, qualifiÈes de vraies, se dissolvent dans les choses teintes en elles, ainsi en est-il des choses que Dieu teinte. Et comme ses teintures sont immortelles, ces choses deviennent immortelles gr’ce ý ses couleurs.

(34b) Dieu baptise dans l’eau ce qu’il baptise.

(35) Il est impossible de voir les choses qui existent vÈritablement sans Ítre comme elles. Il n'en est pas ainsi de l'homme dans ce monde qui ici voit le soleil bien qu'il ne soit pas le soleil, qui voit le ciel et la terre et toutes choses en n'Ètant rien de celles-ci. Mais si tu vois quelque chose de ce lieu-lý c'est que tu es devenu cela. Tu as vu l'Esprit, tu es devenu Esprit. Tu as vu le Christ, tu es devenu Christ, tu as vu le PËre, tu es devenu le PËre. C'est pourquoi ici tu vois toute chose sans te voir toi-mÍme, mais en ce lieu-lý tu te vois car ce que tu vois, tu l'es devenu.

(36) La foi reÁoit, l’amour donne. Personne ne peut recevoir sans la foi. Personne ne peut donner sans l’amour. C’est pourquoi nous avons la foi afin de recevoir, et nous devons aimer afin de donner vraiment, car celui qui donne sans amour n’en a aucun profit. Celui qui n’a pas reÁu le Seigneur est encore un HÈbreu.

(37) Les ApÙtres qui nous ont prÈcÈdÈs, l'appelaient ainsi JÈsus, le NazorÈen, le Messie, c'est-ý-dire JÈsus le NazorÈen, le Christ. Le dernier nom est Christ. Le premier est JÈsus. Celui du milieu NazarÈen. Messie a deux significations: le Christ et le mesurable. JÈsus en hÈbreu est la rÈdemption, Nazara est la vÈritÈ. Donc le NazarÈen est (l'homme) de la vÈritÈ. Christ a ÈtÈ rendu mesurable, et c'est le NazarÈen et JÈsus qui l’ont mesurÈ.

(38) La perle, si elle est jetÈe dans la boue, n’a pas moins de valeur, et si on l’oint d’une substance odorifÈrante, elle n’en acquerra pas davantage, mais elle a toujours la mÍme valeur pour son propriÈtaire. Ainsi en est-il des fils de Dieu ; o˜ qu’ils soient, ils gardent toujours leur valeur auprËs de leur PËre.

(39) Si tu dis: Je suis juif, personne ne bronchera. Si tu dis: Je suis un Romain, personne ne s'en affectera. Si tu dis: Je suis un Grec, un barbare, un esclave, un homme libre, personne ne se troublera. Si tu dis: Je suis un chrÈtien, tous trembleront. Puisse-t-il m'arriver de recevoir ce nom-lý, que les archontes ne supportent pas lorsqu'ils l'entendent.

(40) Dieu est un mangeur d’hommes. C’est pourquoi l’homme lui est sacrifiÈ. Avant que l’homme ne lui soit sacrifiÈ, on lui sacrifiait des animaux, mais ce n’Ètaient pas des dieux ceux ý qui ils Ètaient sacrifiÈs.

(41) Les vases de verre et les vases de terre sont fabriquÈs au moyen du feu. Mais les vases de verre, s'ils se brisent, sont modelÈs ý nouveau, car ils proviennent d'un souffle. Les vases de terre, eux, s'ils se brisent, sont dÈtruits, car ils ont ÈtÈ produits sans le souffle.

(42) L’’ne qui fait tourner la meule du moulin fait cent mille en marchant, mais lorsqu’on le dÈtache, il se trouve toujours au mÍme endroit. Il y a de ces hommes qui voyagent beaucoup mais n’avancent nulle part. Lorsque le soir arrive ils n’ont vu ni villes ni villages, ni choses crÈÈes, ni choses naturelles, ni forces, ni anges. En vain les malheureux ont-ils souffert.

(43a) L’eucharistie est JÈsus. JÈsus est appelÈ en syriaque pharizata, celui qui est Ètendu. En effet, JÈsus est venu pour crucifier le monde.

(43b) Le Seigneur entra dans la teinturerie de LÈvi. Il prit soixante-douze couleurs et les jeta dans la cuve. Il les retira toutes blanches et dit : C’est ainsi que le Fils de l’Homme est venu comme teinturier.

(44a) La Sophia qui est appelÈe stÈrile est la mËre des anges.

(44b, 45) Et la compagne du fils est Marie Madeleine. Le Seigneur l'aimait plus que tous les disciples et il l'embrassait souvent sur la bouche. Les disciples le voyaient et ils lui dirent : Pourquoi l'aimes-tu plus que nous tous ? Le sauveur rÈpondit et leur dit : Comment se fait-il que je ne vous aime pas autant qu'elle ? Un aveugle et quelqu'un qui voit, quand ils sont tous deux dans l'obscuritÈ ne se distinguent pas l'un de l'autre. Si la lumiËre vient, alors celui qui voit verra la lumiËre alors que celui qui est aveugle demeurera dans l'obscuritÈ.

(46) La supÈrioritÈ de l’homme n’est pas apparente mais cachÈe. C’est pourquoi il est le maÓtre des animaux, de ceux qui sont plus forts que lui, qui sont grands selon ce qui est apparent et ce qui est cachÈ, mais c’est lui qui leur donne leur subsistance. Si l’homme se sÈpare d’eux, ils se mordent les uns les autres et s’entre-tuent. Ils s’entre-dÈvorent parce qu’ils ne trouvent pas d’autre nourriture. Mais maintenant ils ont de la nourriture parce que l’homme travaille la terre.

(47) Si quelqu'un descend dans l'eau, en ressort sans avoirrien reÁu et dit: Je suis chrÈtien, il emprunte ce nom ý intÈrÍt. Mais s'il reÁoit l'Esprit Saint, il possËde ce nom comme un don. Or ý celui qui a reÁu un don, on ne le lui reprend pas, mais ý celui qui l'a empruntÈ, on lui en demande le paiement avec les intÈrÍts. C'est ainsi que cela se passe lorsqu'on pÈnËtre un mystËre.

(48) Grand est le mystËre du mariage! Sans lui le monde ne serait pas. En effet, la persistance (sustasis) du monde, c'est l'homme, et la persistance de l'homme est le mariage. Mais apprenez que la relation (koinÙnia) immaculÈe possËde une grande force (dynamis). Son image en est la forme extÈrieure (schËma) impure.

(49) Parmi les esprits impurs, il y en a de masculins et de fÈminins. Les masculins s'unissent aux ’mes qui habitent une forme extÈrieure fÈminine, et les fÈminins sont ceux qui s'unissent aux ’mes qui ont une forme extÈrieure masculine, parce qu'elles ont ÈtÈ sÈparÈes. Et nul Ítre humain ne peut y Èchapper lorsqu'ils le tiennent, ý moins qu'il ne reÁoive une force ý la fois masculine et fÈminine, c'est-ý-dire la force du fiancÈ et de la fiancÈe. Or on reÁoit celle-ci dans la chambre nuptiale, qui est une image.

(50a) Quand les femmes libertines voient un homme seul, elles se jettent sur lui, jouent avec lui et le souillent. De mÍme les hommes libertins s'ils voient une jolie femme seule, ils la sÈduisent ou lui font violence pour la souiller. Mais s'ils voient un homme et sa femme ensemble, les femmes ne peuvent venir vers l'homme, ni les hommes vers la femme. Il en est de mÍme si l'image et l'ange (aggelos)) sont unis, personne n'osera ni ne pourra aller vers l'homme ou la femme.

(50b) Celui qui sort du monde n’est plus prisonnier comme il l’Ètait dans le monde. Il est au-dessus du dÈsir, de la mort et de la crainte. Il est maÓtre de la nature, il est supÈrieur ý l'envie. Ces forces tiennent et Ètouffent chacun mais comment les fuir ? Comment se cacher d’elles ? Souvent certains disent : Nous sommes croyants. Ceci pour Èchapper ý ces esprits impurs et ý ces dÈmons. Car s’ils possÈdaient l’Esprit Saint, aucun esprit impur ne s’attacherait ý eux.

(51a) Ne crains pas la chair mais ne l’aime pas non plus. Si tu la crains, elle te dominera. Si tu l’aimes, elle te dÈvorera et t’Ètranglera. Ou bien on est dans ce monde, ou bien dans la rÈsurrection, ou bien dans les lieux du milieu. Que je ne sois pas trouvÈ dans ce dernier.

(51b) Dans ce monde il y a du bien et du mal. Ce qui est bien n’est pas bien et ce qui est mal n’est pas mal. Mais il y a, aprËs ce monde, un mal qui est vraiment un mal et qu’on appelle le milieu, c’est la mort. Tant que nous sommes en ce monde, il faut parvenir ý la rÈsurrection afin que, une fois dÈpouillÈ de la chair, nous trouvions le repos et n’errions pas dans le milieu. Car beaucoup s’Ègarent en chemin, aussi est-il bon de s’en aller du monde avant d’avoir pÈchÈ.

(52) Il y en a qui ne veulent ou ne peuvent (pÈcher). D’autres, mÍme s’ils le dÈsirent ne sont pas plus avancÈs de ne l’avoir pas fait, car ce dÈsir en fait des pÈcheurs de mÍme que de ne pas agir. La justice s’Ècartera d’eux, tant de celui qui ne dÈsire pas que de celui qui n’agit pas.

(53) Le disciple d'un apÙtre aperÁut dans une vision plusieurs personnes enfermÈes dans une maison en feu, enchaÓnÈes et gisant dans le feu. Il leur dit: Jetez de l'eau dans le feu et ils dirent qu’ils Ètaient incapables de se sauver... qu’ils ne le dÈsiraient pas. Ils reÁurent... le ch’timent dÈnommÈ ´ tÈnËbres extÈrieures ª parce qu'elles... d'eau et de feu.

(54) L'’me et l'esprit sont nÈs de l'eau et du feu. C'est de l'eau, du feu et de la lumiËre que le fils de la chambre nuptial est nÈ. Le feu est l'onction (chrisma), la lumiËre est le feu. Je ne parle pas de ce feu qui n'a aucune forme, mais de cet autre feu dont la forme est blanche, qui est lumiËre et beautÈ, et qui confËre la beautÈ.

(55a) La VÈritÈ ne vient pas dans le monde nue, mais en signes (tupos) et en images (eikÙn). On ne la recevra pas autrement.

(55b) Il y a une renaissance et une image de la renaissance. Il est assurÈment nÈcessaire de naÓtre ý nouveau selon cette image. Laquelle ? la rÈsurrection. L'image doit ressusciter par l'image. La chambre nuptiale (nymphÙn) et l'image doivent pÈnÈtrer dans la VÈritÈ par l'image, telle est la rÈgÈnÈration (apokatastasis).

(55c) On prononce le nom du PËre, du Fils et de l’Esprit, et on le prononce mÍme sur autrui, mais si on n'acquiert pas vraiment ce nom pour soi-mÍme, le nom nous sera aussi repris. Or on le reÁoit par l'onction de la plÈnitude du pouvoir de la croix, pouvoir que les apÙtres ont appelÈ la droite et la gauche. Car cet homme n'est plus alors un chrÈtien mais un Christ. Le Seigneur a fait du tout un mystËre: baptÍme et onction et eucharistie et rÈdemption et chambre nuptiale.

(56) Le Seigneur dit : Je suis venu pour faire que les choses d’en bas soient comme les choses d’en haut, et que les choses du dehors soient comme celles du dedans. Je suis venu pour les unifier lý (en haut). Il s’est manifestÈ ici (en bas) en symboles et en images. Ceux qui disent : il y a un homme cÈleste et il y a quelqu’un au-dessus de lui, se trompent. Car c’est le premier de ces deux hommes cÈlestes, celui qui s’est manifestÈ, qu’ils appellent celui qui est en bas ; et ils pensent que c’est celui ý qui appartient ce qui est cachÈ qui est au-dessus de lui. Mais il vaudrait mieux dire : l’intÈrieur et l’extÈrieur, et l’extÈrieur de l’extÈrieur. C’est pourquoi le Seigneur a appelÈ la destruction ´ tÈnËbres extÈrieures ª car il n’y a rien d’extÈrieur ý elles.

(57) Il a dit : mon PËre qui est dans le secret. Il a dit : Entre dans ta chambre et ferme la porte sur toi et prie ton PËre qui est dans le secret, c’est-ý-dire ý l’intÈrieur d’eux tous. Or ce qui est ý l’intÈrieur d’eux tous est la plÈnitude. Au-delý de cela il n’y a rien d’autre ý l’intÈrieur. C’est de cela qu’ils disent : Ce qui est au-dessus d’eux.

(58) Avant le Christ, certains vinrent d’un endroit o˜ ils ne purent plus entrer et allËrent lý d’o˜ ils ne purent plus sortir. Alors vint le Christ. Ceux qui Ètaient entrÈs il les fit sortir, et ceux qui Ètaient sortis il les fit entrer.

(59) Quand Eve Ètait en Adam, la mort n’existait pas. AprËs qu’elle fut sÈparÈe de lui, la mort survint. S’il la reprend en lui et retrouve son Ítre premier, il n’y aura plus de mort.

(6O) Mon dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonnÈ ? C’est sur la croix qu’il dit ces paroles ; car il a abandonnÈ lý tout ce qui fut engendrÈ par ce qui est extÈrieur ý Dieu. Le Seigneur ressuscita des morts, et redevint ce qu’il Ètait, mais son corps Ètait parfait. Or il avait une chair, mais cette chair Ètait la vraie (alËthinos) chair. Notre chair au contraire n’est pas la vraie mais seulement une image de la vraie chair.

(61a) La chambre nuptiale n'est pas pour les animaux, ni pour les esclaves ni pour les femmes impures, mais pour les hommes libres (ÈleuthÈros) et les vierges (parthÈnos).

(61b) En vÈritÈ nous sommes renÈs dans l’Esprit Saint, mais nous sommes renÈs par Christ deux ý deux. Nous sommes oints par l’Esprit. Quand nous sommes renÈs, nous avons ÈtÈ unis.

(61c) Personne ne peut se voir soi-mÍme sans lumiËre dans une eau ou dans un miroir, pas plus que tu ne peux te voir ý la lumiËre sans eau ni miroir. C’est pourquoi il faut baptiser ý la fois dans la lumiËre et dans l’eau. Or la lumiËre est l’onction.

(62a) Il y avait ý JÈrusalem trois lieux d'offrande. Le premier, vers l'ouest, Ètait appelÈ le Saint. Le deuxiËme, vers le sud, Ètait appelÈ le Saint du Saint. Le troisiËme, vers l'est Ètait appelÈ le Saints des Saints, l'endroit o˜ seul le grand-prÍtre pÈnËtre. Le baptÍme est le Saint, la rÈdemption est le Saint du Saint, la chambre nuptiale est le Saint des Saints. Le baptÍme implique la rÈsurrection et la rÈdemption. La rÈdemption a lieu dans la chambre nuptiale. Mais la chambre nuptiale est ce qui est supÈrieur... ý JÈrusalem, le voile sÈpare le Saint des Saints... mais la chambre nuptiale est l’image de la chambre nuptiale qui est au-dessus de l’impuretÈ. Son voile s’est dÈchirÈ du haut en bas car il convenait ý quelques-uns d’en bas de monter en haut.

(63) Ceux qui sont revÍtus de la LumiËre parfaite, les forces naturelles (dynamis) ne les voient pas et ne peuvent s'en emparer. On revÍtira cette LumiËre dans le mystËre, dans l'union.

(64a) Si la femme n’avait pas ÈtÈ sÈparÈe de l’homme, elle ne serait pas morte avec l’homme. Sa sÈparation a ÈtÈ ý l’origine de la mort. C’est pourquoi Christ est venu remÈdier ý cette sÈparation, qui existe depuis le commencement, rÈunir les deux, redonner la vie ý ceux qui Ètaient morts dans la sÈparation et les unir. Or la femme s’unit ý l’homme dans la chambre nuptiale. En vÈritÈ ceux qui se sont unis dans la chambre nuptiale ne seront plus jamais sÈparÈs. Ainsi Eve s’est sÈparÈe d’Adam parce qu’elle ne s’Ètait pas unie ý lui dans la chambre nuptiale.

(64b) L’’me (psyche) d’Adam naquit d’un souffle. Le compagnon de son ’me est l’esprit (pneuma). Ce souffle qui lui fut donnÈ est sa mËre. Son ’me fut remplacÈe par un esprit. Lorsqu’il lui fut uni, il prononÁa des paroles qui dÈpassaient les forces naturelles (dynamis). Celles-ci le jalousËrent, privÈes qu’elles Ètaient de ce compagnon spirituel secret, exempt de tout mal, ce qui les privait de la possibilitÈ de la chambre nuptiale...

(65) JÈsus manifesta sur le Jourdain le plÈrÙme du Royaume des cieux. Celui qui Ètait engendrÈ avant toute chose Ètait engendrÈ de nouveau. Lui qui avait ÈtÈ oint, Ètait oint ý nouveau. Celui qui avait ÈtÈ rachetÈ venait en racheter d'autres.

(66) En vÈritÈ, il faut dire un mystËre. Le PËre du tout s'est uni ý la vierge (parthenos) qui Ètait descendue, et un feu l'Èclaira en ce jour. Il apparut dans la chambre nuptiale. C'est pourquoi son corps qui fut produit en ce jour vint de la chambre nuptiale comme produit par le fiancÈ et la fiancÈe (nymphios, nymphË). C'est ainsi que JÈsus a Ètabli toute chose par eux. Il est nÈcessaire que chacun des disciples entre dans son repos.

(67a) Adam est venu ý l’existence gr’ce ý deux vierges, l’Esprit et la terre vierge. C’est pourquoi le Christ naquit d’une vierge pour rectifier la chute qui s’est produite ý l’origine.

(67b) Il y a deux arbres au milieu du jardin. L'un engendre des animaux (thËrion), l'autre engendre des hommes. Adam mangea de l'arbre qui engendrait des animaux. Il devint animal et engendra des animaux. C'est pourquoi les enfants d'Adam adorent (sÈbesthai) des animaux. L'arbre dont Adam a mangÈ le fruit est l'arbre des animaux c’est pourquoi les pÈchÈs furent nombreux ; s’il avait mangÈ... du fruit de l’arbre qui porte des hommes, alors les dieux adoreraient l’homme. Car Dieu ý l’origine avait crÈÈ l’homme, mais maintenant les hommes crÈent des dieux. C’est ainsi qu’il en va dans le monde : les hommes crÈent des dieux et adorent leurs crÈatures. Mais ce sont ces dieux qui devraient adorer les hommes ! Telle est la vÈritÈ.

(68) Les oeuvres de l'homme viennent de sa force naturelle (dynamis). Ce sont ses forces. Ses enfants sont ses œuvres ; ils proviennent d'un moment de repos. Sa force est dans ses œuvres tandis que ce moment de repos se manifeste dans ses enfants. Vous verrez que ceci s'applique ý une image. Voici l'homme d'aprËs l'image: il fait ses œuvres gr’ce ý sa force, mais c'est dans un moment de repos qu'il engendre ses enfants.

(69a) En ce monde, les esclaves travaillent (upËretein) pour les hommes libres ; dans le Royaume des cieux les hommes libres servent (diakonein) les esclaves; les fils de la chambre nuptiale servent les fils du mariage (terrestre, gamos).

(69b)Les fils de la chambre nuptiale n'ont qu'un seul et mÍme nom. Ensemble ils partagent le repos (anapausis)... Ils n'ont pas besoin d’avoir une forme, ils ont l’avantage de la contemplation intÈrieure, la vue intÈrieure...

(70) Ils sont descendus dans l'eau et le Christ les a purifiÈs et rendus parfaits par son nom. Car il a dit : Il nous convient d'accomplir toute justice.

(70b) Ceux qui disent qu’ils vont d'abord mourir et ensuite ressusciter se trompent. S’ils n'obtiennent pas d'abord la rÈsurrection pendant la vie, ils n’obtiendront rien une fois morts. Ils parlent du baptÍme de la mÍme faÁon disant: le baptÍme est une grande chose, ceux qui le reÁoivent vivront.

(71) L’apÙtre Philippe racontait que Joseph le charpentier planta un jardin parce qu’il avait besoin de bois pour son mÈtier. C’est lui qui fit la croix avec les arbres qu’il avait plantÈs, et le fruit de sa semence fut pendu ý ce qu’il avait plantÈ. Le fruit de sa semence Ètait JÈsus et la plante fut la croix. Mais l’arbre de vie est au milieu du jardin et c’est l’olivier, d’o˜ vient l’huile et de l’huile, la rÈsurrection.

(72) Le monde est un mangeur de cadavres, tout ce qui y est mangÈ meurt aussi. La vÈritÈ se nourrit de vie, aussi personne de ceux qui se nourrissent de la vÈritÈ ne mourra. De lý JÈsus est venu apporter de la nourriture, et ý tous ceux qui le veulent il donne la vie afin qu’ils ne meurent pas.

(73) Dieu avait plantÈ un jardin. L'homme y avait ÈtÈ placÈ. Il y avait de nombreux arbres... Dans le lieu o˜ on me dira : mange de ceci, ou ne mange pas de cela, comme tu voudras. Dans le lieu o˜ je mangerai de tout se trouve l'arbre de la connaissance (gnÙsis). C'est lui qui tua Adam, mais c'est lui qui vivifie l’homme. La loi Ètait un arbre. Il avait le pouvoir de donner la connaissance du bien et du mal. Il n'Ècarta pas du mal ni n'Ètablit dans le bien, mais il prÈpara la mort de ceux qui en mangËrent. Car lorsqu'il fut dit: mange de ceci, ne mange pas de cela, ce fut l'origine de la mort.

(74) L'onction est supÈrieure au baptÍme. Car c'est par le mot ´ chrisma ª (onction) que nous avons ÈtÈ appelÈs chrÈtiens et non par le baptÍme, et le nom de Christ vient de ´ chrisma ª. En effet, le PËre a oint le Fils et le Fils a oint les apÙtres, et les apÙtres nous ont oints. Celui qui a ÈtÈ oint possËde le Tout, il possËde la rÈsurrection, la LumiËre, la Croix, l'Esprit Saint. Le PËre lui a donnÈ cela dans la chambre nuptiale et il l'a acceptÈ. Le PËre Ètait dans le Fils et le Fils dans le PËre. Tel est le Royaume des Cieux.

(75a) Le Seigneur l’a bien dit : Quelques-uns entrËrent dans le Royaume des cieux en riant, et ils sortirent.... chrÈtiens.... il descendit dans l’eau et remonta, seigneur du tout....

(75b) Celui qui mÈprise le corps comme un haillon le considËre comme un jouet et le quitte en riant... il en est de mÍme du pain, du calice et de l’huile alors qu’il y a quelque chose d’autre qui leur est supÈrieur.

(76) Le monde est apparu ý la suite d’une faute (paraptÙma). En effet celui qui le crÈa voulait le faire incorruptible et immortel. Mais il Èchoua et ne rÈalisa pas son dÈsir. Car le monde ne fut jamais impÈrissable ni, pour la mÍme raison, celui qui fit le monde.

(77) Les choses ne sont pas incorruptibles mais les fils le sont. Personne ne recevra l’incorruptibilitÈ ý moins de devenir d’abord un fils.

(78) Mais celui qui n’a pas le pouvoir de recevoir, combien davantage sera-t-il incapable de donner.

(79) La coupe de la bÈnÈdiction contient du vin et de l'eau, symboles du sang, ý laquelle on rend gr’ce (eucharistein) et elle est remplie de l'Esprit Saint. Elle est celle de l'Homme parfait tout entier. Si nous en buvons, nous recevrons en nous l'Homme parfait (tÈlÈios).

(80) L'eau vive est un corps. Il est nÈcessaire que nous revÍtions l'homme vivant. C'est pourquoi, si quelqu'un vient et descend dans l'eau, il se dÈvÍt afin de revÍtir celui-lý.

(81) "Un cheval engendre un cheval, un homme engendre un homme, un dieu engendre un dieu. De mÍme du fiancÈ et de la fiancÈe. Ce sont les enfants de la chambre nuptiale. Aucun juif ne descend de parents grecs depuis que la Loi existe. Et de mÍme nous avons ÈtÈ juifs avant d'Ítre chrÈtiens. Il y a un autre peuple, et... il a ÈtÈ appelÈ "le peuple Èlu de l'Esprit Saint", et l'Homme vÈritable et le Fils de Dieu et la semence du Fils de l'Homme. Dans le monde cette race est appelÈe authentique. C'est lý o˜ demeurent les enfants de la chambre nuptiale."

(83,84,85) En ce monde, l'union est entre l’Èpoux et l’Èpouse, la force complÈtÈe par la faiblesse. Dans l'Eon, la forme de l'union est tout autre bien qu'on lui donne les mÍmes noms. Cependant il y a d'autres noms, supÈrieurs ý tous les noms donnÈs, et supÈrieurs aux plus forts. Car ici (ici-bas), il y a la force (bia) et ceux qui apparaissent excellent par leur force. Mais ceux qui sont lý (dans l’Eon) ne sont pas deux choses distinctes, mais une mÍme chose. Ce qui est ici ne pourra pas s’Èlever au-dessus du cœur de la chair.

(86) N'est-il pas nÈcessaire que ceux qui possËdent toute chose se connaissent eux-mÍmes? Quelques-uns, faute de se connaÓtre eux-mÍmes, ne jouiront pas de ce qu'ils possËdent, mais ceux qui se connaÓtront eux-mÍmes jouiront de ce bien.

(87 et 88) Non seulement ils ne pourront pas saisirent l'Homme parfait (teleios) mais ils ne pourront mÍme pas le voir. Car s’ils le voyaient, ils le saisiraient. Il n'y a pas d'autre moyen d'acquÈrir pour soi cette gr’ce (charis) que de revÍtir la lumiËre parfaite et de devenir soi-mÍme lumiËre parfaite. Quiconque la revÍtira entrera dans le royaume. Telle est la lumiËre parfaite et il convient que nous devenions des hommes spirituels parfaits avant de quitter le monde. Celui qui a tout reÁu mais ne s'est pas rendu maÓtre de ces lieux-ci ne sera pas capable d'Ítre maÓtre de cet endroit-lý, mais il ira dans le milieu, Ètant imparfait. Seul JÈsus connaÓt la fin de celui-ci.

(89) L’homme saint est tout ý fait saint, mÍme dans son corps. Car s’il a reÁu le pain, il le consacrera, de mÍme la coupe ou quoi que ce soit d’autre, et comment ne consacrerait-il pas aussi le corps ?

(90) En rendant parfaite l'eau du baptÍme, JÈsus l'a vidÈe de la mort. Ainsi nous descendons dans l’eau mais non dans la mort afin de n’Ítre pas jetÈ dans l’esprit du monde.

(91) Quand l’esprit du monde souffle, il fait venir l’hiver, quand l’Esprit souffle, l’ÈtÈ vient.

(92a) Celui qui a la connaissance de la vÈritÈ est libre. Et l’homme libre ne pËche pas car celui qui commet le pÈchÈ est l’esclave du pÈchÈ.

(92b) La vÈritÈ est la mËre, la connaissance est le pËre.

(92c) Ceux qui ne sont pas concernÈs par le pÈchÈ, le monde les appelle libres. Pensant connaÓtre la vÈritÈ, ils sont orgueilleux, c’est ce que veut dire ici libre.

(93) Mais l’amour Èdifie, et celui qui est devenu vraiment libre par la connaissance devient, par amour, l’esclave de ceux qui n’ont pas pu atteindre la libertÈ de la connaissance. La connaissance les rendra capables de devenir libres.

(94) L’amour ne prend rien. Comment prendrait-il quelque chose, tout lui appartient. Il ne dit jamais : ceci est ý moi, ni cela est ý moi, mais : tout est ý vous.

(95) L'amour spirituel (agapË pneumatikos) est un vin ý l’odeur suave. Tous ceux qui en sont oints en ont un grand plaisir. Lorsque ceux qui sont oints sont prÈsents, ceux qui sont prËs d'eux en profitent. Mais si ceux qui sont oints de cette onction se retirent et s'en vont, alors ceux qui ne sont pas oints et se tenaient simplement prËs d'eux restent dans leur mauvaise odeur.

(96) Le samaritain ne donna rien d'autre ý l'homme blessÈ que du vin et de l'huile; ce n'Ètait rien d'autre que l'onction et il a guÈri les blessures car l'amour couvre une multitude de fautes.

(97) C'est ý celui que la femme aime que ressemblera ceux qu'elle engendrera. Quand c'est son mari, ils ressemblent au mari. Quand c'est un adultËre, ils ressemblent ý l'amant. Souvent quand une femme couche avec son mari par nÈcessitÈ mais que son cœur est auprËs de l'amant, avec lequel elle s'unit habituellement, celui qu'elle engendrera ressemblera ý l'amant. Mais vous, qui Ítes avec le Fils de Dieu, n'aimez pas le monde mais aimez le Seigneur afin que ceux que vous engendrerez ne ressemblent pas au monde mais ressemblent au Seigneur.

(98) L'Ítre humain s'unit ý l'Ítre humain, le cheval au cheval, l'’ne ý l'’ne, les espËces s'unissent ý leurs semblables. Ainsi l'Esprit s'unit ý l'Esprit, le Logos au Logos et la LumiËre ý la LumiËre. Si tu es nÈ humain, c'est un humain qui t'aimera. Si tu deviens un esprit, c'est l'Esprit qui s'unira ý toi. Si tu deviens logos, c'est le Logos qui s'unira ý toi. Si tu deviens lumiËre, c'est la LumiËre qui s'unira ý toi. Si tu deviens ce qui est d'en haut, c'est ce qui est d'en haut qui demeurera en toi. Si tu deviens cheval, ou ’ne, taureau, chien, mouton ou tout autre animal, qui se trouve ý l'extÈrieur et qui est infÈrieur, alors tu ne pourras Ítre aimÈ ni d'un humain, ni de l'Esprit, ni du Logos, ni de la LumiËre, ni de ce qui est d'en haut, ni de ce qui est intÈrieur. Ils ne pourront demeurer en toi et tu ne fais pas partie d'eux.

(99) Celui qui est esclave contre sa volontÈ, pourra devenir libre. Celui qui est devenu libre par la gr’ce de son Seigneur et se rend lui-mÍme esclave ne pourra plus Ítre libre.

(100a) Dans ce monde les plantations nÈcessitent quatre ÈlÈments. On moissone ce qui provient ý la fois de l’eau, de la terre, du vent et de la lumiËre. De mÍme les plantations de Dieu rÈsultent de quatre ÈlÈments : la foi, l’espÈrance, l’amour et la gnose. Notre terre est la foi en qui nous prenons racine, l’eau est l’espÈrance dont nous nous nourrissons ; le vent est l’amour qui nous fait grandir et la lumiËre est la gnose qui nous fait mšrir.

(100b) La gr’ce agit comme un paysan, et les fruits de la semence de ce paysan sont les hommes qui montent vers les hauteurs du ciel.

(101a) Et bienheureux le serviteur qui n’a pas dÈsespÈrÈ une ’me. Celui-ci est JÈsus le Christ. Il s’est prÈsentÈ partout et n’a accablÈ personne. Bienheureux donc celui qui est comme lui parce qu’il est un homme parfait. Il est effectivement la parole (Logos).

(102) Parlez-nous de lui, car c’est difficile d’y rÈussir. Comment rÈussir une si grande chose ? Comment donner le repos ý chacun ? Avant tout il convient de n’affliger aucune personne, soit grande, soit petite, soit croyante, soit incroyante ; ensuite de donner le repos ý ceux qui font le bien.

(103) Certains trouveraient bien de donner le repos ý celui qui a une belle situation (kalos). Mais celui qui fait le bien ne peut pas le donner ý de telles personnes car elles vont ý l’encontre de ce qu’il voudrait. Mais comme il lui est impossible d’affliger quelqu’un, il ne els afflige pas. Il est certain que ceux qui ont une belle situation affligent des gens, non dÈlibÈrÈment mais par leurs dÈfauts (kakia). Celui qui possËde la nature (du bien) donne la joie ý ceux qui sont bons, ce qui affligent certains vilainement.

(104) Un maÓtre de maison avait acquis beaucoup : fils, serviteurs, bÈtail, chiens, porcs, blÈ, orge, paille, fourrage, os, viande et glands. Comme il Ètait avisÈ, il connaissait la nourriture de chacun. Il donnait aux enfants du pain, de l’huile d’olive et de la viande, aux esclaves l’huile de ricin et du blÈ, au bÈtail de l’orge, de la paille et du fourrage, aux chiens des os, aux porcs des glands et des croštes de pain. Il en est ainsi du disciple de Dieu. Si c’est un homme sage, il comprend sa qualitÈ de disciple. Les formes corporelles ne le tromperont pas, il considÈrera l’Ètat de l’’me (psychË) de chacun et parlera ý chacun en consÈquence. Il y a beaucoup d’animaux ý forme humaine dans le monde. Quand il les identifie ý des porcs, il leur jette des glands ; ý des bestiaux, il leur jette de l’orge et de la paille et de l’herbe ; ý des chiens, il leur jette des os ; ý des esclaves, il leur donne ce qui est ÈlÈmentaire ; ý des enfants, ce qui est parfait.

(l05) Il y a le fils de l'Homme, et il y a le fils du fils de l'Homme. Le Seigneur est le fils de l'Homme, et le fils du Fils de l'Homme est celui qui a ÈtÈ fait par le fils de l'Homme. Le fils de l'Homme a reÁu de Dieu le pouvoir de crÈer, et aussi la possibilitÈ d'engendrer.

(106) Celui qui a reÁu le pouvoir de crÈer crÈe une crÈation; celui qui a reÁu le pouvoir d'engendrer engendre un rejeton. Celui qui crÈe n'engendre pas; celui qui engendre crÈe. Celui qui crÈe engendre, dit-on, mais son produit est une crÈation. Ses produits ne sont pas ses rejetons, mais ses images. Celui qui crÈe travaille au grand jour et il est lui-mÍme visible ; celui qui engendre oeuvre dans le secret, il reste lui-mÍme cachÈ. L'engendrÈ n'est pas une image. Celui qui crÈe crÈe visiblement, mais celui qui engendre engendre ses enfants dans le secret.

(107) Personne ne peut savoir quand le mari et la femme s'unissent sauf eux-mÍmes. Car c'est un mystËre que le mariage (gamos) du monde pour ceux qui ont pris femme. Or si le mariage du monde, qui est impur, reste cachÈ, combien plus le mariage immaculÈ est-il un vrai (alÈthinos) mystËre ! Il n'est pas charnel, il est pur. Il appartient non au dÈsir mais ý la volontÈ. Il n'appartient pas aux tÈnËbres ou ý la nuit, mais au jour et ý la lumiËre.

(108) Un mariage accessible au public est de la prostitution (porneia) et la femme, non seulement si elle reÁoit la semence d'un autre homme, mais mÍme si, sortant de sa chambre, elle est vue, commet une impudicitÈ. Elle ne doit se faire voir qu'ý son pËre et ý sa mËre.

(109) A l'ami de l’Èpoux et aux enfants de la chambre nuptiale il est permis de pÈnÈtrer tous les jours dans la chambre nuptiale, mais les autres ne peuvent dÈsirer qu'entendre leur voix, jouir de leur parfum et se nourrir des miettes de pain qui tombent de la table comme les chiens (Matth. 15, 27). Epoux et Èpouses appartiennent ý la chambre nuptiale. Personne ne peut voir l’Èpoux et l’Èpouse ý moins de le devenir soi-mÍme.

(110) Quand Abraham se fut rÈjoui d’avoir vu ce qu’il avait ý voir, il circoncit la chair de son prÈpuce nous montrant qu’il faut dÈtruire la chair.

(111) Bien des choses du monde, tant que leurs racines sont cachÈes demeurent debout et vivent. Si les racines se voient, elles meurent, ý l’exemple de l’homme visible : tant que ses entrailles restent cachÈes, il vit ; si ses entrailles sortent de lui, il meurt. Il en est de mÍme de l’arbre. Tant que ses racines sont cachÈes, il croÓt et fructifie ; si sa racine apparaÓt, il se dessËche. Il en est ainsi de chaque chose nÈe dans le monde, non seulement manifestÈe mais aussi cachÈe. Car tant que la racine du mal est cachÈe, elle est forte mais quand on la reconnaÓt elle est dissoute, quand elle se manifeste elle est dÈtruite. C’est pourquoi la Parole dit : DÈjý la hache est placÈe ý la racine de l’arbre. Elle ne coupera pas car ce qui est coupÈ repousse, mais elle pÈnÈtrera si profondÈment qu’elle extirpera la racine. JÈsus arrache la racine entiËrement alors que d’autres ne le font qu’en partie.

(112) Quant ý nous que chacun creuse jusqu’ý la racine du mal qui est en lui et qu’il l’extirpe de son cœur jusqu’ý la racine. Il ne sera arrachÈ que lorsque nous le reconnaÓtrons. Si nous l’ignorons, il pousse ses racines en nous et porte ses fruits en nos cœurs. Il nous domine, nous sommes ses esclaves, il nous emprisonne au point de faire ce que nous ne voulons pas et de ne pas faire ce que nous vouons. Il est puissant, parce que nous ne le connaissons pas. Tant qu’il existe, il est ý l’œuvre.

(113) L’ignorance est la mËre du mal, l’ignorance entraÓne la mort ; ce que produit l’ignorance n’a jamais existÈ, n’existe pas et n’existera pas. Tandis que ceux qui sont dans la vÈritÈ seront parfaits quand toute la vÈritÈ se rÈvËlera.

(114) Car la vÈritÈ est comme l’ignorance : quand elle est cachÈe, elle se repose en elle-mÍme, mais si elle est rÈvÈlÈe et reconnue elle est louÈe pour autant qu’elle est plus forte que l’ignorance et que l’erreur. Elle donne la libertÈ.

(115) La parole dit : Si vous connaissez la vÈritÈ, la vÈritÈ vous rendra libres.

(116) L’ignorance est esclavage, la connaissance est libertÈ.

(117) Si nous reconnaissons la vÈritÈ, nous rÈcolterons ses fruits au-dedans de nous. Si nous nous unissons ý elle, elle nous fera entrer dans la plÈnitude.

(118a) PrÈsentement nous voyons les manifestations de la crÈation et nous disons : les choses fortes sont hautement estimables et les choses faibles sont cachÈes et mÈprisables. Comparez avec les manifestations de la vÈritÈ : elles sont faibles et mÈprisÈes tandis que, cachÈes, elles sont fortes et estimables.

(118b) Les mystËres de la vÈritÈ sont rÈvÈlÈs sous forme de signes (tupos) et d'images.

(119a) Quant ý la chambre nuptiale, elle demeure cachÈe, elle est le Saint des Saints.

(119b) En effet un voile commence par dissimuler comment Dieu gouverne la crÈation. Mais quand le voile se dÈchire et que l’intÈrieur se manifeste, on abandonne la maison vide, et mÍme on la dÈtruit.

(120) Mais la divinitÈ infÈrieure ne fuira pas de ce lieu vers le Saint des Saints, car elle ne sera pas capable de s’unir ý la lumiËre sans mÈlange ni ý la plÈnitude sans faille, mais se tiendra sous les ailes de la croix et sous ses bras. Cette arche (kibotos) sera son salut lorsque le dÈluge des eaux la submergera.

(121) Si quelques-uns sont dans l’ordre de la prÍtrise, ils pourront pÈnÈtrer derriËre le voile avec le grand-prÍtre.

(122) C’est pourquoi le voile ne s’est pas dÈchirÈ seulement en haut, car il ne se serait ouvert qu’ý ceux d’en haut, ni ne s’est dÈchirÈ seulement en bas, car il ne se serait manifestÈ qu’ý ceux d’en bas. Mais il s’est dÈchirÈ de ´ haut en bas ª. Le haut s’est ouvert pour nous qui sommes en bas afin que nous entrions dans le secret de la vÈritÈ. Voilý vÈritablement ce qui est tenu en haute estime et qui est puissant. Or nous pÈnÈtrerons lý gr’ce ý de vils symboles et ý des choses faibles et basses en vÈritÈ comparÈs ý la gloire parfaite.

(123) Il y a une gloire qui surpasse la gloire, il y a une puissance qui surpasse la puissance. C’est pourquoi la perfection s’est ouverte ý nous avec le secret de la vÈritÈ, et le Saint des Saints s’est manifestÈ et nous avons ÈtÈ conviÈs dans la chambre nutpiale.

(124) Tant qu’il est cachÈ, le mal est efficace et il n’est pas enlevÈ de la semence de l’Esprit, et il y a des esclaves du mal. Mais lorsqu’il se manifeste, alors la LumiËre parfaite se rÈpand sur chacun et tous ceux qui se trouvent en elle recevront l’onction. Alors les esclaves seeront libÈrÈs et les prisonniers seront dÈlivrÈs.

(125) Tout plant que mon PËre qui est dans les cieux n’a pas plantÈ sera dÈracinÈ.

(126) Ceux qui Ètaient sÈparÈs seront unis et comblÈs.

(127) Tous ceux qui entreront dans la chambre nuptiale feront briller la lumiËre car ils ne sont pas comme les mariages qui se font dans la nuit, dont le feu s’allume seulement dans la nuit puis s’Èteint. Mais les mystËres de ce mariage s'accomplissent dans le jour et la lumiËre, ce jour et cette lumiËre qui ne s'Èteignent pas.

(128 et 129) Si quelqu'un devient un fils de la chambre nuptiale, il recevra la lumiËre. Si quelqu'un ne la reÁoit pas tant qu'il est dans ces lieux, il ne pourra la recevoir nulle part ailleurs. Celui qui recevra cette lumiËre-lý ne sera ni vu ni compris, et personne ne pourra l'affliger alors mÍme qu'il sÈjourne dans le monde. Et quand il quittera le monde, il aura dÈjý reÁu la VÈritÈ en images. Et le monde est devenu pour lui l'Eon, car l'Eon est pour lui la plÈnitude (plËrÙma). Et il l'est de cette faÁon: il lui est manifestÈ ý lui seul; il n'est pas cachÈ dans les tÈnËbres ni dans la nuit, mais il est cachÈ dans un jour parfait et dans une lumiËre sainte.

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L'Évangile de Philippe - Jean-Yves Leloup

Comme L'Évangile de Thomas, également commenté par Jean-Yves Leloup dans la même collection, L'Évangile de Philippe fait partie des textes apocryphes écrits en copte qui furent trouvés, à partir de 1945, dans les grottes de Nag-Hammadi en haute Égypte.
Cet évangile gnostique du deuxième siècle après J.-c., qui a dû servir de catéchisme à l'usage des initiés, se présente comme un témoignage original sur la vie et l'enseignement du Christ en son temps.
Attribué à l'un des disciples les plus proches de Jésus, il permet de découvrir une figure peut-être plus humaine, très libre dans ses propos et dans ses attitudes vis-à-vis des hommes et des femmes qui l'entourent.
'Le personnage de Marie-Madeleine, « compagne» du Maître, y prend une importance singulière, et l'accent y est mis sur le mariage initiatique entre les principes masculin et féminin, image du retour à l'Unité originelle. 

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Poche

224 pages

Albin Michel

Spiritualités Vivantes

Présentation de l'éditeur

Jean-Yves Leloup poursuit ici l'édition commentée des évangiles apocryphes faisant partie du corpus dit des Manuscrits de la mer Morte trouvés en 1947, scellés dans des jarres et cachés vers le IVe siècle dans des grottes à Nag Hammadi en Égypte. Ce texte, qui date du IIe siècle après J.-C. et fut présenté comme un catéchisme gnostique, livre des témoignages inédits et originaux sur la vie et l'enseignement du Christ en son temps. Rédigé par un des disciples proches de Jésus, il permet de découvrir une figure peut-être plus humaine et moins mythique, dans sa proximité philosophique et physique avec ses disciples hommes et femmes. On retrouve dans cet évangile, qui recèle des paroles dont la fulgurance souligne l'authenticité, le personnage de Marie-Madeleine et l'importance de sa présence dans la vie de l'Enseigneur.

  L'auteur vu l'éditeur

Jean-Yves Leloup, théologien orthodoxe, est fondateur de l’Institut pour la rencontre et l’étude des civilisations, et du Collège international des thérapeutes. Il est l’un des pionniers de la psychologie transpersonnelle en Europe. Il a publié de nombreux ouvrages chez Albin Michel, dont l’Évangile de Jean, l’Évangile de Thomas, Écrits sur l’hésychasme, Paroles du mont Athos, l’Enracinement et l’ouverture, Manque et Plénitude, Prendre soin de l’Être, L’Évangile de Marie, L’Absurde et la Grâce, Un art de l’attention (tous ces titres sont actuellement en poche), Les Livres des morts (« La Bibliothèque spirituelle »), et Introduction aux « vrais philosophes » (« La Pensée et le sacré »).

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