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Sentences spirituelles diverses, mieux connaître les grandes religions: Judaïsme, Islam, Christianisme, Charles de Foucauld

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09 mars 2006

Mieux connaître la fête de Pourim, la Fête des sorts (fête juive)

Cette année le 14 mars 2006

Pourim commémore la délivrance des juifs de Perse au temps d'Esther."Pourim" signifie en perse "sorts". Cela en souvenir du sort qu'Aman avait consulté pour fixer la date d'extermination des Juifs.

*Bas les masques!

Tout a commencé

« Pourim » étant le nom de la fête de notre délivrance du cruel Haman, il a été également donné à d'autres délivrances miraculeuses dont bénéficièrent, à des époques et en des lieux différents, certaines communautés, ou même seulement des familles juives.

Dans le royaume d'Aragon, en Espagne, régnait jadis un puissant monarque. Son pouvoir s'étendait à de nombreuses villes où vivaient beaucoup de Juifs. Aussi ceux de Saragosse, capitale du royaume, ne manquaient-ils pas de témoigner au souverain leur reconnaissance chaque fois qu'ils le pouvaient. Défilait-il avec toute sa suite à travers la ville et dans le quartier juif à l'occasion d'une fête, les notables de la communauté allaient au-devant de lui, portant les beaux étuis qui contenaient habituellement les Sifrei-Torah (Rouleaux de la Loi), lesquels pour la circonstance en étaient retirés et laissés dans la Synagogue.

Ces marques d'honneur donnaient beaucoup de satisfaction au roi. Mais un homme de l'entourage du roi, Marcus, cherchait un moyen qui discréditerait les Israélites et, du même coup, le ferait bien voir du souverain.
Un jour, il se trouva qu'il apprit que ceux dont il voulait la perte allaient, en cette occasion spéciale, à la rencontre du roi portant des étuis vidés préalablement de leur contenu, il le révéla à son maître.
Le roi entra dans une grande colère. Le moment était on ne peut plus propice : le courtisan lui suggéra de donner l'ordre de chasser tous les Israélites du royaume, ou même de les tuer.

Le souverain essaya de biaiser.
- Je sais, dit-il, qu'ils ont un Dieu puissant. Ne me punirait-il pas du mal que j'aurais fait à son peuple ?

- Oh ! Il y a longtemps qu'ils ne peuvent plus attendre de leur Dieu une protection quelconque! Ils se sont écartés de Lui et n'obéissent plus à ses commandements.

- Et encore, serait-il juste de punir tous les Juifs ? Que faites-vous des innocents parmi eux ? protesta faiblement le roi.

- Votre Majesté sait fort bien qu'ils sont tous faits sur le même mou-le. Rien que cette solidarité notoire qui les caractérise les condamne en bloc. Ils vous ont manqué de respect, ils en sont tous responsables.

- Ecoute, Marcus, je reconnais qu'après ce que tu m'as révélé, il y a de quoi être très irrité, comme je le suis d'ailleurs, contre les Juifs, et qu'un châtiment exemplaire est nécessaire - à condition toutefois que ce que tu dis soit vrai. Mais je veux être équitable envers eux, car ils ont été jusqu'à maintenant de bons et loyaux sujets. Je vais te proposer un accord ; nul doute qu'il te satisfasse: Au prochain cortège, au moment où les juifs viendront à ma rencontre, tu seras à mes côtés. Je t'autorise à ouvrir alors leurs étuis saints. Si tu les trouves vides, je te donne carte blanche pour le châtiment que tu me conseilles. Mais, comme tout accord comporte une contrepartie, c'est toi qui seras puni si, au contraire, les étuis sont pleins. Acceptes-tu de prendre ce risque ? Si les juifs ne doivent pas me tourner en ridicule, je n'admettrai pas non plus que toi tu le fasses.

Marcus était sûr de ce qu'il avançait, il accepta. Il se voyait déjà fièrement assis aux côtés du roi.

Or, la nuit qui précéda la parade royale, pour une raison qu'il ne s'expliquait point, le Chammache de la Synagogue la plus importante de la capitale, ne put fermer l'œil. Il pensait à la visite du souverain au quartier juif et s'inquiétait.
Il finit par sombrer dans un sommeil agité. Un homme d'un certain âge, à barbe grise et d'allure imposante, lui apparut en rêve et lui dit : " Vite, lève-toi, ne perds pas un instant. Un grand danger menace les Juifs ; va en hâte à la Synagogue et mets les Sifrei-Torah dans leurs étuis. Et surtout, n'en souffle mot à personne ! "

II s'habilla précipitamment et, trébuchant dans les ténèbres, courut à la Synagogue. L'homme qui lui était apparu en songe ne pouvait être autre qu'Eliyah le Prophète.

Les autres Chammachime de Saragosse étaient alertés de la même manière. Comme le premier, ils s'étaient hâtés vers leurs Synagogues respectives et avaient secrètement réintégré les Sifrei-Torah dans leurs étuis. Ceci fait, chacun d'eux attendit avec inquiétude.

Le lendemain matin, quand les trompettes annoncèrent l'approche du cortège royal, les chefs de la communauté juive se portèrent comme à l'accoutumée au devant du souverain.

Le carrosse s'arrêta pour permettre à ces derniers de présenter leurs hommages.

A ce moment, Marcus, qui avait pris place aux côtés du roi, dit :

- Majesté, vous désrez sûrement voir ce que contiennent ces étuis que portent les juifs ?

- Oui, j'aimerais voir. Voulez-vous les ouvrir ?


Les Juifs ouvrirent les étuis. O miracle ! Les Sifrei Torah s'y trouvaient.
La surprise du monarque fut grande.

- Traître ! Imposteur ! cria-t-il hors de lui, cette fois tu as trop présumé de ta fourberie. Tu en subiras les conséquences. Gardes ! Qu'on le pende sur le champ !

L'ordre fut exécuté sans délai. Marcus eut la fin qu'il méritait.
Quant aux juifs, le roi fit une déclaration publique où il rendait hommage à leur loyauté et les assurait de sa confiance et de sa protection, il ordonna qu'ils fussent exemptés du paiement de tous les impôts trois ans durant.

Quand ces derniers apprirent en même temps qu'ils avaient couru un terri-ble danger et l'avaient évité de justesse, ils rendirent grâces à Dieu pour la bonté qu'Il leur avait témoignée en cette circonstance. Ils décidèrent que les 17 et 18 Chevath seraient désormais des jours de prières et de joyeuses actions de grâces, afin que leurs enfants et les générations futures se souvinssent du miracle qui avait fait échouer les noirs desseins de leur ennemi.




Signification spirituelle de la fête de Purim

Tous les niveaux de notre personne sont impliqués dans les festivités de Pourim. On peut diviser notre être en quatre parties : l'esprit, le psychisme, le corps et les biens matériels. Or, ce jour de l'année, chacun de ces éléments trouve son expression.

- L'esprit : par la lecture de la Meguila.

- Le psychisme : par la joie.

- Le corps : par les festins.

- Les biens matériels : par les cadeaux faits aux amis et aux pauvres.

Le danger qui hantait notre peuple à ce moment n'était pas moins que sa totale extermination physique et l'anéantissement de toute réminiscence de sa culture. Or, c'est le contraire qui se produisit, car le peuple juif se remit à prospérer, tant dans le domaine temporel que spirituel. Cela explique l'expression multiforme de cette fête.

LA LECTURE DE LA MEGUILA

Avant la lecture, on récite trois bénédictions. La première est celle habituellement prononcée avant l'accomplissement d'un acte religieux : "Baroukh... achèr qidechanou bemitsvotav vetsivanou 'al miqra Meguila"

La seconde : "Baroukh... ché'assa nissim la-avothénou bayamim hahèm bazeman hazè" (Béni... qui a opéré des miracles pour nos ancêtres en ces jours-là, à cette époque).

Un commentateur explique que l'expression "à cette époque" signifie qu'à chaque époque, et donc aussi à la nôtre, ces événements sont revécus et prennent une actualité nouvelle.

La troisième bénédiction est celle de chèhè'hèyanou qui exprime notre gratitude pour le temps que nous vivons maintenant. Ces berakhoth doivent nous rappeler qu'il ne suffit pas de fêter, mais qu'il faut aussi revivre.

Il est intéressant de noter que, contrairement aux autres fêtes, les réjouissances ne commencent pas réellement la veille, mais plutôt dans l'après-midi. Selon un exégète, cette particularité est due au fait qu'elles n'ont de sens que si elles expriment un état d'âme spirituel. Elles doivent donc être précédées par la lecture - soir et matin - de la Meguila qui confère à cette fête toute sa signification.

LE ROULEAU DEPLOYE

Meguila veut dire "rouleau", ce mot venant du verbe galol : enrouler.

Mais Meguila peut aussi venir de galoh : mettre à découvert. Il est vrai que, dans l'Antiquité, tous nos livres étaient écrits sous forme de rouleaux ; pourtant, celui d'Esther est le seul que nous désignons sous la simple appellation "la Meguila". Peut-être est-ce dû au fait qu'il évoque la mise à découvert de la main de la Providence cachée derrière la scène de l'Histoire.

NE PLUS DISTINGUER ENTRE MARDOCHEE ET AMAN

La même idée est exprimée, d'après certains exégètes, dans la règle suivante : "Il faut boire à Pourim jusqu'à ne plus distinguer entre "baroukh Mordekhaï" et "arour Haman" (entre "béni soit Mardochée" et "maudit soit Aman").

Vue ainsi, cette règle ne doit pas être prise à la lettre : elle exprime que l'homme doit tellement s'imprégner de l'idée de la finalité de l'histoire et s'en émerveiller qu'il ne voit plus - sous cet angle - de différence fondamentale entre les deux personnages. En effet, les deux contribuent au déroulement d'une étape historique importante.

LA JOIE ET L'OPTIMISME

Le cachet principal de cette fête est la joie débordante qui en marque toutes les manifestations. Cela contraste avec les autres festivités où une certaine sérénité est toujours de rigueur.

Mais la vie juive, et plus particulièrement son calendrier, exprime plusieurs aspects complémentaires.

Le sérieux et la rationalité ne sont pas opposés à l'optimisme et à la joie.

Il n'existe même pas de contradiction réelle entre la tristesse apparente de Tich'a beAv et la gaieté de Pourim : on peut être amer en raison de la déchéance spirituelle du monde et plein de confiance quant à son avenir.

A Pourim, on s'élève en quelque sorte au-dessus de son engagement journalier, on voit le monde dans la perspective de sa finalité et là, tous les personnages, toutes les époques ont leur rôle positif à jouer.

FESTOYER A LA MANIERE D'ASSUERUS

Mais on ne peut s'empêcher de faire la comparaison entre les festins d'Assuérus et les rites de Pourim. Pourtant, le texte de la Meguila met clairement l'accent sur l'absurdité de telles festivités : un roi qui répudie stupidement son épouse au cours d'un banquet, qui retire ses décrets auxquels il avait apposé son sceau et met à mort, sous l'effet de la boisson, son meilleur collaborateur.

Pourim présage un temps où l'on pourra se donner naturellement à la jouissance sans craindre de tomber dans le burlesque et le mesquin

La réponse, estiment certains commentateurs, réside dans la question elle-même. Un des thèmes principaux de la Meguila est de faire ressortir les dangers de la jouissance effrénée. Ce n'est pas sans raison qu'Esther choisit de se confronter au roi et au premier ministre au cours d'un festin. Elle compte notamment sur le relâchement de ses convives pour leur imposer sa volonté.

Nous ne réprouvons pas la jouissance en tant que telle, mais nous stigmatisons plutôt ses périls pour ceux qui n'ont pas intériorisé suffisamment les règles de moralité et de droiture ; et pour ceux-là le plaisir peut être un piège.

Plus l'homme aura réellement progressé spirituellement, moins certaines contraintes seront nécessaires. Pourim présage donc un temps où l'on pourra se donner naturellement à la jouissance sans craindre de tomber dans le burlesque et le mesquin.

Une fois dans l'année, une licence quasi totale est donnée au Juif, et à lui de juger s'il peut ou non se permettre d'accomplir à la lettre le fameux précepte selon lequel on devrait perdre tout contrôle de soi.

Chose curieuse : le peuple juif, d'ordinaire si attentif à la lettre de la loi, a compris ici qu'il est possible de l'accomplir d'une manière plus symbolique (voir Choul'hane 'Aroukh). Nous avons des réticences, semble-t-il, à festoyer à l'Assuérus.

PARTAGER SA JOIE AVEC AUTRUI

Les cadeaux que nous offrons aux pauvres et aux amis, il est facile désormais de les interpréter. Il faut donc apprendre à jouir dignement. Cela signifie, entre autres, que notre jouissance doit être partagée par les autres.

C'est d'ailleurs une coutume juive que d'avoir toujours à sa table - et surtout aux jours de fête - un nécessiteux.

Une deuxième idée exprimée par cette règle est celle de l'unité du peuple juif développée au chapitre précédent.

LA DERNIERE FÊTE DU CYCLE

Le but final de la Tora n'est pas de former un intellectuel sophistiqué, mais un être sain, simple et droit.

Pessa'h est la première fête de l'année et Pourim la dernière. Un contraste frappant les oppose. A Pessa'h, on insiste énormément sur le côté intellectuel de la vie juive, et Pourim semble mettre le poids plutôt sur le côté spontané. A Pessa'h, il importe qu'une discussion s'engage entre le père et le fils, le maître et l'élève, et à Pourim, il importe d'être joyeux, naturel et sans problèmes.

On peut expliquer ce contraste de la manière suivante. Chaque année, l'homme doit acquérir une conscience plus élevée des vérités fondamentales de l'existence : cela se passe à Pessa'h. Ensuite, tout au long de l'année, il doit essayer de donner une expression existentielle aux réflexions qu'il a conçues. Jusqu'à ce qu'à Pourim, avec peu d'explications et de discours, il se sente heureux d'être juif et donne libre cours à son enthousiasme.

Le but final de la Tora n'est pas de former un intellectuel sophistiqué, mais un être sain, simple et droit.

Au temps d'Aman, le judaïsme et les Juifs furent remis en question en bloc : tout devait disparaître.

Pourim, par réaction, représente cette prise de conscience totale du fait juif. C'est l'exaltation de cette sainteté incarnée dans notre peuple et que personne n'effacera jamais.

LA FÊTE ETERNELLE

Nos Sages enseignent que toutes les fêtes seront abolies après la venue du Messie, excepté Pourim.

Toutes les fêtes, en effet, ont trait à la sortie d'Egypte, insistant sur le chemin qu'il reste à parcourir vers le progrès. Ce sont des étapes qui seront un jour dépassées par les temps messianiques.

Pourim, en revanche, exprime la richesse spirituelle et existentielle déjà acquise. Cette fête ne sera jamais déphasée, car elle aura toujours un sens nouveau.

"Ces jours de Pourim ne disparaîtront pas du sein des Juifs et leur souvenir ne quittera pas leurs descendants".


Cette année Purim tombe un vendredi!!! Alors?

S’il est vrai qu’à l’heure où l’on doit accomplir les mitsvoth d’écouter la Meguila (soir et matin), d’offrir des Michloa’h Manot (les mets que l’on envoie aux amis) et des Matanot Laevyonime (dons aux pauvres), rien ne s’oppose à ce que l’on procède comme les autres années, il n’en va du tout de même en ce qui concerne la Mitsva du festin de Pourim, la Seoudat Pourim.

En effet, l’usage place la Seoudat Pourim dans le courant de l’après-midi de Pourim, le plus souvent en fin d’après-midi, quitte à ce que ce festin se prolonge même tard dans la nuit.

Or, cette année, il faut soigneusement veiller à éviter toute collision entre le festin de Pourim et l’entrée de chabbathh. Car le chabbathh qui vient immédiatement après Pourim devra jouir de la totalité des honneurs réservés aux autres chabbathot.

Ce chabbath commence à 18h52 ! Et auparavant, il faut vaquer à tous les préparatifs qui introduisent le chabbath. Par exemple, au niveau des tâches culinaires, du ménage et de la toilette préchabbathique. Ensuite, lorsque chabbath arrive, il faut pouvoir le recevoir dignement. Comment celui dont l’esprit serait encore complètement coloré, saturé, par les copieuses libations pieusement effectuées pendant le festin de Pourim, deviendrait-t-il soudain digne de faire les prières de Maariv de chabbath ? Puis, après la prière à la synagogue, comme tous les autres vendredi soirs, viendra le moment du Kiddouch du vendredi soir. Comment faire pour avoir l’esprit clair et pouvoir proclamer dans le Kiddouch que Dieu a créé le monde en six jours et s’est reposé le septième jour, l’a sanctifié et nous l’a offert ? Comment faire pour ne pas manquer de l’appétit nécessaire pour honorer le repas du vendredi soir ?

Pour toutes ces raisons, nous ferons le festin de Pourim donc vendredi matin.

On aura soin de réduire le temps que l’on met à distribuer Michloa’h Manot et Matanot Laevyonime, sans frustrer les miséreux. On donnera autant que les autres années, mais en moins de temps. Puis, dès que possible, on s’attablera au festin de Pourim. Celui-ci pourra être un petit déjeuner qui se prolonge ; ou un repas de midi, pris avec un peu d’avance. On lui donnera tous les caractères d’un festin de Pourim, du point de vue du menu et de la présentation du repas : table de fête, bougies allumées ; inversement, on l’abrégera dans le temps en l’honneur du chabbath.(…)

Passez un joyeux Pourim et un bon chabbath!


source

cartes de voeux pour différentes fêtes

Les livres de Daniel (chap. 1-9) et d'Ezra (chap. 1-6) donnent le contexte du récit de la Meguila. Ce fut au Ve-IVe siècle av., époque où le peuple juif, déjà exilé en Babylonie, avait perdu sa souveraineté et son sanctuaire et était exilé en Babylonie. Cet empire  tombé aux mains des Perses s'étendait de l'Inde à l'Ethiopie. Cyrus avait donné la permission aux Juifs de retourner en Israël et d'y reconstruire le Temple. Une partie du peuple s'y était rendue et, dans des conditions difficiles, avait jeté les fondations du sanctuaire. Sous le règne d'Assuérus, les Samaritains, intriguant contre les Juifs, les accusèrent de vouloir se révolter contre la Perse ; le roi prêta foi à ces accusations et fit arrêter la construction du Temple. L'histoire de Pourim se situe donc à une époque où une partie du peuple juif se trouvait en Israël attendant de pouvoir réédifier le Temple ; l'autre était dispersée dans l'empire perse. A Suze, lieu de résidence d'Assuérus, il y avait également une communauté juive.

Explications plus conséquentes sur l'histoire d'Esther, Mardochée, Aman, Assuérus


Les rites de la fête

- cadeaux aux amis (sous forme de mets) ;

- cadeaux aux pauvres (sous toutes les formes) ;

- lecture soir et matin de la Meguila, récitation d'une prière de remerciement dans la 'amida et le birkath hamazone ;

- grands festins arrosés de vin et de boissons ;

- réjouissances de toutes sortes. Pourim est de toutes les fêtes celle qui donne lieu aux manifestations les plus exubérantes. Les enfants  se déguisent et portent un masque*.

L’émouvante histoire d’Esther, de Mardochée et du misérable Haman, se prête à la représentation scénique. La coutume de se déguiser en personnages bibliques est très répandue.                                                
En Israël on fait un grand défilé costumé à travers les rue de Tel-Aviv. Les enfants sont de petits Mardochée ou de petites Esther. Ils agitent des crécelles.  Dans les écoles, les maîtres se dépouillent de leur dignité et vont s’asseoir à la place des élèves tandis que ceux-ci s’installent derrière leurs bureaux. Les parents et les amis se font des cadeaux et l’on mange une pâtisserie appelée «les oreilles d’Haman» (voir la page des recettes). Ces joyeuses célébrations sont, d’ordinaire, précédées par un jour de jeûne, «le jeûne d’Esther», car, ne l’oublions pas, Esther demanda à son peuple de jeûner et de prier avec elle, avant de se risquer à intercéder pour eux auprès du roi Assuérus.  A la synagogue, la fête d’Esther est célébrée par la lecture du rouleau d’Esther, l’un des cinq rouleaux faisant partie des Hagiographes. Le rouleau d’Esther n’est pas un livre biblique comme les autres, car le nom de Dieu n’y figure pas.


Tout a commencé avec ce roi qui était en quête d'une épouse pour remplacer celle qu'il venait de répudier.

Vous connaissez l'histoire, c'est Esther la jeune et belle orpheline juive, qui est appelée à régner sur un empire de 127 pays.

Pour l'instant sa qualité de "juive" doit rester entre guillemets car sur l'ordre de son oncle Mardochée, elle doit cacher son identité.

Contentons nous ici avec juste quelques détails de la Meguila.

Aman, Premier ministre, édicte un décret d'extermination de tous les juifs.

Assuérus, le roi, consent, appose son sceau, le décret irréversible.

Ce Aman, aussi bien que le roi, semblent ignorer que la reine même fait partie de ce peuple destiné à disparaître.

Ils sont donc d'accord sur l'inutilité de ce peuple, n'apportant rien de valable à ce monde.

Après un court mais émouvant plaidoyer, Esther met les choses au clair : rien de valable ? Mais il y a sa propre personne, elle aussi est juive et s'identifie en tant que telle à son peuple.

La situation est compromise, le décret révoqué. Aman en perd la tête et les juifs sont réhabilités. L'oncle Mardochée prend la place d'Aman.

Sans aller trop loin, il semble se dégager l'idée suivante : le monde est occupé et tourmenté par la question juive sur deux plans, l'un conscient, l'autre inconscient. Sur le premier plan, il trouve le juif incompréhensible et répugnant, telle la description d'Aman. Telle l'image du juif du Moyen-Age avec ses cornes, réapparaissant dans les caricatures russes et arabes, bossu, vilain et laid. Ecoutons à nouveau Aman : les lois (moeurs) du roi, ils ne les respectent pas ; le roi n'a aucune raison de les garder.

Pensons aux Grecs, dégoûtés des coutumes juives.

Voyons Kant déclarant avec dédain que "c'est un peuple qui ne cherche aucune dignité civile".

N'oublions pas Hitler d'hier et ensuite des scientifiques athées d'aujourd'hui qui farouchement dénoncent les valeurs juives comme antiques et périmées.

Au niveau de l'inconscient, les choses prennent une autre tournure :

Assuérus, amoureux d'Esther !!

D'après le Midrach (tradition orale), ce n'était pas sa beauté physique qui avait impressionné le roi ; son autre nom est Adassa, le myrte, plant vert, couleur de l'harmonie de la nature.

Voilà notre Assuérus dénigrant toute importance au juif et qui -au plus profond de lui- se sait séduit par la sérénité qui émane de ce peuple.

De même, le monde grec, soi-disant hostile à toute valeur juive mais malgré cela toujours attiré et intrigué par sa profondeur.

De son coté, le monde occidental moderne, dépourvu de ses éléments juifs, qu'en resterait-il ?

Nous pourrions continuer à donner des exemples qui reviendraient tous à la même idée ; les nations vivent des sentiments ambivalents à l'égard du peuple juif.

Au niveau de l'apparence, combattre toutes ses valeurs, actes et coutumes, mais intérieurement embrasser son éthique riche et profonde.

Mais ne nous soucions pas trop ici des autres.

Est-ce que, en échelle réduite, chaque juif ne vit-il pas ce même problème ; le refoulement en arrière-plan des idées très puissantes qui semblent être l'essence de notre vie ?

Tout ceci dans le but de se croire plus "libre", dégagé de la responsabilité de nos actes.

Cela est-il possible ? Cela a-t-il un sens ?

C'était quelques réflexions pour un bon Pourim.


Un PURIM à Saragosse en Espagne

Parfois, il est amusant de jouer la comédie. Le jour de Pourim, de nombreux enfants juifs se déguisent à l’aide de costumes et de masques élaborés. Mais dans la vie réelle, se faire passer pour quelqu’un que l’on n’est pas, n’est pas toujours drôle. Pourtant, certaines personnes croient devoir porter un masque et jouer la comédie, pensant que c’est ce qu’on attend d’elles.

En fait, se prêter à ce genre de comportement et jouer la comédie, rend souvent une personne hypocrite et place son entourage dans la confusion.

A Pourim, la Reine Esther a révélé au roi qu’elle était juive ; sa révélation lui a permis de sauver son peuple. Pourim nous enseigne comment ôter nos masques et être vraiment nous. Nous réalisons alors que Dieu nous a créés exactement comme il fallait.

Sur ce sujet voir: une histoire entre cousins, amusante et révélatrice (qui n'en a jamais vécu de semblable?)


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